Equipe:
Durée: 121‘
Genre:
Date de sortie: 27/05/1997
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Smilla enquête sur la mort prétendue accidentelle d'un jeune inuit à Copenhage. Ses recherches la mènent jusqu'au Groenland, au milieu d'une sombre affaire de météore énergétique et de vers préhistoriques...

Notre critique:

Bille August est un réalisateur énervant. Primé justement à Cannes pour PELLE LE CONQUERANT, il s’est fait mousser un maximum en recevant une deuxième palme, volée celle-là, pour les MEILLEURES INTENTIONS (qui ne font pas nécessairement les meilleurs films). Sacré « grand auteur », il s’est lancé dans une adaptation lourdingue de LA MAISON DES ESPRITS, qui irrite ou fait rire, selon les moments. Il est au cinéma d’auteur ce que Renny Harlin (58 MINUTES POUR VIVRE, LONG KISS GOODNIGHT) est au cinéma d’action: un poids lourd. La subtilité est une denrée rare chez lui. Grands thèmes, grandes envolées, grands comédiens, mais finalement, tous petits films. On craignait donc le pire avec SMILLA’S… Et bien on a eu tort.

SMILLA’S est un thriller d’écriture classique, avec ce qu’il faut de hasards improbables, d’invraisemblances assumées et un poil de SF assez bienvenu. August n’utilise l’action que comme prétexte à la peinture d’un personnage de femme, superbement interprétée par Julia Ormond: Smilla, la demi-inuit groenlandaise, déracinée au milieu d’un Copenhage oppressant. Smilla la solitaire, qui masque sa dépression constante par une hargne énergique.

En approfondissant les relations humaines, en insistant aussi sur la découverte de la culture esquimaude, en jouant avec la frontière du fantastique, August relève considérablement le niveau d’une intrigue qui ne vole pourtant pas plus haut que THE LONG KISS GOODNIGHT. Cela fait toute la qualité mais aussi le défaut du film. Car une fois toutes les relations bouclées, il ne reste plus que le thriller pur, qui s’achève à la manière d’un JAMES BOND couillon. Les bons et les méchants se tapent dessus dans la base secrète sous la glace, au milieu des appareils électroniques qui font bip-bip. Le savant félon est dissout par son météore tant convoité, son boss tombe dans l’eau glacée après une agonie méritée, et tout explose. Un final monstrueusement classique dont August semble s’être totalement désintéressé. Sa mise en images des grands glaciers, d’abord soignée et majestueuse, vire au sérial de bas étage, truffé de stock-shots en vidéo copieusement pixélisés. Mais après l’intéressante heure et demi qu’il nous offre au début, on peut fermer les yeux.

A propos de l'auteur

Christophe Bruynix
Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.