Equipe:
Durée: 100‘
Genre:
Date de sortie: 16/04/1996
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Glasgow, années '60. D'un côté un quartier typiquement anglais, plein de petites maisons rangées côte à côte, toutes absolument pareilles. De l'autre, un ensemble de buildings à appartements façon banlieue française. Entre les deux, le même ennui qui pousse les jeunes à se regrouper en bandes et à s'envoyer des pains sur la tronche le samedi soir plutôt que d'aller au cinéma rouler des pelles à sa voisine de strapontin. Pas d'opposition basée sur la position sociale, non, juste l'ennui. Dans cet environnement gris et âpre Lex McLean, une petite quinzaine d'années, essaie de mener sa barque entouré de sa mère et de ses deux grands frères. Il tentera de ne pas se mêler aux affrontements qui sont la règle du quotidien jusqu'au moment où le quotidien le rattrape.

Notre critique:

Gillies Mackinnon nos propose une tranche de vie où l’on suit un adolescent sur le chemin caillouteux qui mène à l’âge adulte. Son observation est délicate, un peu rêche et sans complaisance. Rien est enjolivé et pour éviter tout risque de dérive sentimentale, il instaure une distance avec ses personnages qui confère à son film un certain sentiment de froideur. Pour contrebalancer cet aspect rugueux, le réalisateur ouvre une porte vers un monde plus aéré par l’entremise du grand frère McLean étudiant en peinture à l’académie. La réalité d’un monde difficile et les promesses d’un univers artistique capables d’en tempérer la dureté sont les deux pôles entre lesquels Lex aura à évoluer. Dommage qu’il manque à cette histoire un enjeu plus crucial et mieux défini que celui d’échapper à la violence d’une opposition un peu sotte entre deux clans rivaux.

On n’est en définitive pas très loin d’une sorte de réalisme poétique à la Marcel Carné revu et corrigé par le côté social d’un Ken Loach même si la virulence et l’engagement de ce dernier font ici cruellement défaut. Ce n’est, convenons-en, déjà pas si mal.

A propos de l'auteur

Journaliste