Titre français: La Pomme

Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 24/11/1998
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

C'est grâce à plusieurs familles entourant leur domicile que les deux jumelles Naderi vont découvrir la rue et la société. Séquestrées par un père mendiant et une mère aveugle, elles se sont vues cloîtrées dans quelques mètres carrés pendant près de douze années. Une assistante sociale va leur ouvrir la porte de la liberté...

Notre critique:

Sur base d’un fait réel, une très jeune réalisatrice iranienne (Samira Makhamalbaf, 18 ans) dresse le portrait, entre documentaire et fiction, d’une famille retranchée sur elle-même, en marge de toute socialisation.

LA POMME est une oeuvre touchante où le vécu tient une place particulière, puisque les acteurs sont les protagonistes de ce drame au quotidien. Pourtant, si la famille interprète son propre rôle, Samira s’est bien gardée de porter un jugement sur les gestes du père en regard de sa progéniture. Elle mélange à la réalité un brin de poésie et fait découvrir la rue, la vie et la ville aux deux filles, le tout grâce à une pomme…

Elle retourne la situation quand le geôlier devient prisonnier, et quand les deux enfants analphabètes et privés de toute éducation détiennent la clé qui libérera leur père d’un emprisonnement fictif. Les explications sont simples, voire simplistes, et prennent tout leur sens dans un cadre social dépourvu de toute richesse culturelle. Le ton dédramatise quelque peu les faits, le discours est alerte mais pas moraliste. Samira souligne sans incriminer.

LA POMME s’articule autour de la compréhension des actes, des codes patriarcaux et favorise le repositionnement social de la rue, tout comme de l’intégration dans l’Iran au féminin, sans cesse en lutte contre toutes les formes d’autoritarisme.

A propos de l'auteur

Journaliste