Titre français: Time And Tide

Equipe:
Durée: 113‘
Genre:
Date de sortie: 29/05/2001
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Tyler est un jeune homme futé qui ne rêve que d'une vie insouciante. Pour y parvenir, il s'engage comme garde du corps. Jack est un homme désillusionné et mercenaire, un tueur à gage impitoyable et futur père. Ces deux paumés vont se télescoper lors de la fête d'anniversaire d'un ponte d'une triade hong-kongaise. L'un est censé le protéger tandis que l'autre doit l'abattre...

Notre critique:

Après une escapade américaine généreuse en nanars de troisième zone (DOUBLE TEAM…), Tsui Hark reconquiert le sol hong-kongais et ses racines thématiques dans TIME AND TIDE. Film d’action explosif se situant pleinement dans la veine de THE KILLER et HARD BOILED, Tsui Hark aborde un nouveau virage à 180 degrés dans sa prolixe carrière. Le réalisateur de PEKING OPERA BLUES retrouve le scénariste de THE BLADE (sa superbe oeuvre au noir) pour un métrage musclé qui malaxe avec avidité les sujets récurrents du cinéma hong-kongais, et plus particulièrement du cinéaste.

TIME AND TIDE aurait trouvé idéalement sa place vers la fin des années 80 de par son scénario. La relation protecteur/tueur, qui s’organise face à une bande de malfrats et se voit complètement tronquée parce que vécue sous le prisme de la femme, fait tout autant référence au bon cinéma wooien (quand il était produit par Tsui Hark) qu’a l’obsession que le metteur en scène de ZU porte à la place de la femme en tant que pivot scénaristique et humain. Après un démarrage brouillon où on a du mal à réellement cerner toutes les motivations, l’action passe la seconde et squatte la deuxième moitié de film, emportant tout sur son passage. Séquences soutenues, rythme général effréné, tout va pour le mieux, on ne s’est pas trompé d’adresse : il est de retour.

Mais Tsui ne s’arrête pas là : les années ont passé et le maître au cerveau en perpétuelle ébullition a tenté diverses aventures américaines ou animées (il a réalisé l’adaptation animée de THE CHINESE GHOST STORY) qui ont ouvert notre luron aux nouvelles technologies ; dès lors, notre cinéaste virevoltant fait péter son imagination au sens propre et figuré dans des séquences visuellement jouissives. A coup d’effets digitaux, il laisse sa marmite pensante déborder et ça fait primitivement parlant du bien. De plus, comme à son habitude, il casse quelques règles narratives et s’envole dans un final dantesque (attention les filles, ça va faire mal !) que ne renieraient pas les amateurs de moments forts et sanglants.

TIME AND TIME est un film à l’ancienne bénéficiant de quelques touches technologiques, qui fleure bon le cinéma couillu, pétaradant, ébouriffant, saignant, voire même vitriolesque. Un pur régal pour les fans des productions de Hong-Kong de la vieille école. Miammmm!

A propos de l'auteur

Journaliste