Equipe:
Durée: 170‘
Genre:
Date de sortie: 28/07/1998
Cotation: ooo (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Sylvie apprend de son frère que leur père n'est pas mort accidentellement, mais a été tué par son associé. Déstabilisée, et pour éviter que son frangin ne déconne, Sylvie décide de se faire justice. Evidemment, le coup tourne mal, et celui qui aurait dû manger les pissenlits par la racine se transforme soudainement en sauveur providentiel.

Notre critique:

Ah! Sacré missiou Jacques Rivette! Le cinéaste français, dont le titre le plus connu est LA BELLE NOISEUSE, se targue de vouloir déstabiliser le spectateur par un style enflé et des scènes vides de sens, mais néanmoins interminables. Résultat des courses: SECRET DEFENSE dure près de trois heures. Hitchcock aurait bouclé le même script en moins de vingt minutes…

rn

L’intrigue, mince, n’en est pas moins intéressante. Malheureusement, ce qui aurait pu être agréable sous la caméra d’un autre devient un véritable calvaire sous celle de Rivette. Il nous inflige quelques séquences de voyages en métro et en train longues, longues, longues! Et c’est peu de l’écrire trois fois! Il ne se passe strictement rien. Sandrine Bonnaire (LA CEREMONIE de Chabrol, SOUS LE SOLEIL DE SATAN de Pialat) a bien du mal à meubler tout cela. Elle adopte un profil affligé, et exécute très lentement des gestes quotidiens, tels enlever un pull ou mettre un gilet. On frise le ridicule chaque fois qu’elle allume une cigarette et qu’elle fait semblant de la fumer. Elle écrase des dizaines de cigarettes à peine consumées, juste histoire de passer le temps. On comprend qu’elle ne veuille pas fumer. Mais, bon dieu!, qu’on lui fasse mâcher un chewing-gum sans sucre, et le résultat serait le même! Au moins, on n’aurait pas cette désagréable impression qu’on se fout de nous.

rn

Mais Rivette peut encore faire pire. Il affuble Sylvie d’un métier technique: elle travaille dans un centre de recherche sur le cancer. Quand elle est au labo, Rivette ne se sent plus! Visiblement, il n’y connaît rien en technique. Du coup, on se paie quelques bonnes tranches de rire: Sandrine Bonnaire tape très concentrée sur un clavier d’ordinateur… devant un écran éteint! Ou elle dose des produits chimiques au pifomètre, puis fait un titrage qui vire au violet. Joli. Mais cela vous coupe l’envie de faire des donation à la recherche!

rn

Dans l’histoire, le seul qui tire son épingle du jeu, c’est Jerzy Radziwilowicz. Son rôle est ambigu à souhait, et il prend un malin plaisir à brouiller les cartes. Cet acteur de théâtre au visage sévère réussit à créer un personnage crédible et intéressant, au milieu d’une tourmente de n’importe quoi prétentieux. Un exploit en soi, qui mérite peut-être le déplacement, mais certainement pas trois heures de calvaire.

A propos de l'auteur

Journaliste