Equipe: Anna Waterhouse, Benedict Andrews, Joe Shrapnel, Kristen Stewart, Margaret Qualley, Stephen Root
Durée: 96‘
Genre:
Date de sortie:
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Inspiré de faits réels, le film raconte l'histoire de Jean Seberg, star de A BOUT DE SOUFFLE et fille chérie de la Nouvelle vague française, qui était, à la fin des années 60, la cible du programme de surveillance illégal du FBI, COINTELPRO.

Notre critique:

S’il y a une actrice qui a connu une destinée tragique, c’est bien Jean Seberg. Rendue célèbre notamment grâce à son rôle dans A BOUT DE SOUFFLE de Jean-Luc Godard, celle qui deviendra l’épouse de Romain Gary a connu une traversée du désert tragique.

Elle est américaine, vit à Paris et se rend au pays, à Los Angeles plus exactement, pour un tournage. C’est dans l’avion qu’elle rencontre Hakim Jamal, activiste américain défenseur de la cause noire. Cette rencontre sera déterminante puisque, suite à celle-ci, Hakim et Jean vont commencer à entretenir une relation et Jean se mettra à soutenir la cause en faisant des dons. C’est ainsi que Jean Seberg est entré dans l’oeil du FBI qui surveillait les agissements de Jamal et son entourage. 

Cette rencontre et tout ce qui va en découler sera le début de la fin pour Jean Seberg. C’est même tout cela qui va signer son arrêt de mort, Seberg étant incapable de gérer la pression qui entourait l’affaire. Il faut souligner que les méthodes du FBI ne rentraient pas vraiment dans le cadre fixé par la justice. Tout est permis, quitte à appuyer là où cela fait mal et, tant pis si cela porte atteinte à la santé, physique et mentale, voire pire, de la personne concernée. 

SEBERG est le second long-métrage de Benedict Andrews qui avait précédemment réalisé UNA, un drame abordant le délicat sujet de la pédophilie. Choisir d’adapter la vie de Jean Seberg via le prisme de ses déboires judiciaires et son implication dans de belles causes n’est pas une voie plus facile pour autant. Il faut donner de l’âme à une histoire compliquée et totalement tragique. D’une certaine façon, SEBERG n’est pas très éloigné du nouveau film de Polanski, J’ACCUSE. Les méthodes utilisées par le FBI d’une part et, l’armée et la justice française d’autre part, sont relativement identiques malgré les décennies qui séparent les histoires. Comme les protagonistes de l’affaire Dreyfus, Seberg sera intimidée et discréditée. 

Kristen Stewart, injustement associée quasi uniquement à son rôle dans TWILIGHT, fait, une fois encore, preuve de choix judicieux dans sa carrière. C’est une comédienne qui a énormément de talent et, en incarnant Jean Seberg, montre de nouvelles facettes de celui-ci. Elle a des partenaires de choix notamment avec Jack O’Connell, Anthony Mackie ou encore Zazie Beetz. 

Au final, SEBERG s’avère être un biopic plutôt réussi qui s’intéresse à une personnalité fascinante à la vie qui, bien que courte, le fut tout autant. Benedict Andrews réussi son pari pourtant loin d’être gagné d’avance et offre à Kristen Stewart l’un de ses plus beaux rôles.

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A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.