Titre français: Planète Hurlante

Equipe:
Durée: 107‘
Genre:
Date de sortie: 09/07/1996
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Tiré d'une nouvelle de jeunesse de Philip K. Dick, SCREAMERS nous conte le futur de l'humanité, éparpillée dans la galaxie et déchirée par une guerre civile. Sur un astéroïde oublié, une poignée de soldats doit affronter un adversaire inattendu, les screamers, des armes robotisées qui accèdent à la conscience et se retournent contre leurs créateurs.

 

Notre critique:

Après une projection très peu convaincante au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, SCREAMERS sévit dans nos salles on ne sait trop comment. Ignorance? Fatigue? Cécité du distributeur? Comment expliquer que ce machin fauché et laid n’ait pas trouvé immédiatement le chemin des vidéo-clubs?

Quelques inconditionnels de Dick pourront s’extasier devant le travail du scénariste Dan O’Bannon, respectueux à la lettre près du texte original (ah, les éternels androïdes en quête d’humanité, ah la fameuse femme aux cheveux noirs,…). Mais il faut quand même une solide dose d’aveuglement pour oublier que c’est une oeuvre de jeunesse inaboutie, et pour ne pas admettre que l’histoire et les dialogues ont un parfum méchamment daté : celui de la SF ancienne, genre populaire en quête de reconnaissance. Retranscrits tels quels, ils n’échappent pas à la ringardise.

Et ce n’est pas la réalisation plate de Christian Dugay qui peut apporter le minimum de charme nécessaire à un tel film. On se souvient de ce Canadien, tâcheron à succès pour petits budgets, et de son SCANNERS III, involontairement roulatoire et très dispensable. D’accord, le film est fauché (pas tant que ça, vu le battage), mais est-ce une raison pour ne pas soigner le jeu des comédiens? Pour nous offrir de cette guerre qu’une longue errance ennuyeuse de quelques personnages qui discutent le coup à travers le désert? Est-ce une raison pour nous imposer des taches de gouache épaisse en guise de ciel cosmique? Les matte-paintings et les compositions informatiques sont franchement laids et incrédibles. Où est le souffle? Où est l’épopée? Ce n’est pas une question de moyens, mais bien de talent.

K. Dick mis entre les mains de producteurs charognards est bien mal servi. Alors, ne vous laissez pas embobiner par la bande-annonce : ce machin n’a rien à voir avec BLADE RUNNER ou TOTAL RECALL. Trouvez quelque chose de sain à faire. Allez à l’Ecran Total, par exemple.

 

A propos de l'auteur

Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.