Equipe:
Durée: 115‘
Genre:
Date de sortie: 29/07/1997
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Un tueur en série sévit dans une banlieue résidentielle. Les ados du coin tombent comme des mouches dans une série de meurtres particulièrement violents et imaginatifs...

Notre critique:

Si le nom de Wes Craven ne fait pas forcément tintinnabuler les clochettes de la renommée dans la mémoire du spectateur de base, tout le monde connait son plus célèbre rejeton : Freddy Krueger. Apparu dans le flippant THE NIGHTMARE ON ELMSTREET en 1984, Freddy Krueger a rejoint dans l’inconscient collectif occidental des personnages aussi peu fréquentables que le loup du petit chaperon rouge, le Croquemitaine ou l’Ogre.

Au-delà de ce résultat culturel inopiné, Wes Craven est un des réalisateurs les plus impressionnants à oeuvrer dans le cinéma américain contemporain. Dans la foulée d’un Carpenter et d’un Romero, il est l’un des seuls à avoir réussi avec intelligence à travailler nos peurs les plus intimes sur fond de réflexion sociale, morale ou simplement cinématographique.

Alors que la majorité des faiseurs se contentent de réutiliser les recettes inventées par d’autres, Wes Craven n’a jamais cessé, tout au long de son parcours, d’innover et de réfléchir.

SCREAM s’inscrit d’évidence dans cette démarche. Bien que le scénario ne soit pas de sa plume, il n’est pas étonant qu’il ait été séduit et qu’il se le soit approprié.

Dans une petite bourgade US qui n’est pas sans rappeler celle où E.T. trouva autrefois refuge (paradygme de la banlieue américaine), sévit un tueur sévèrement pervers. D’entrée de jeu, la pauvre Drew Barrymore en fera les frais de façon cruellement traumatisante, tant pour le spectateur que pour elle. Mais ce n’est que la première étape d’un parcours sanglant truffé de scènes obligées mais indispensables.

Wes Craven a fait de SCREAM un florilège des codes du cinéma d’épouvante moderne. Il les montre du doigt, explique comment ils fonctionnent et, en finale, fin roublard, il les utilise avec une efficacité confondante. Parce que c’est ça qui est épatant dans SCREAM, c’est qu’on marche. Les ficelles les plus usées sont là, devant notre nez. On les voit, on en rit et en bout du plan, on sursaute! Pendant 115 minutes, Craven nous assène la preuve que, si l’histoire racontée est importante, la manière de la raconter est primordiale. Il nous livre une leçon de cinéma qui mériterait d’être inscrite dans toutes les écoles.

Fidèle à ses habitudes, le réalisateur nous pose au passage la question de la pérennité d’un genre gangréné par ses propres tics. Vous l’aurez compris à ce qui précède, la réponse est plutôt encourageante, puisque, si l’homme derrière la caméra a du talent, le résultat visible à l’écran parvient, non seulement à donner la chair de poule, mais surtout à captiver.

A voir donc, non sans avoir préalablement lu le compte-rendu de la conférence de presse de monsieur Craven, présent à Bruxelles lors du dernier festival du film fantastique.

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Journaliste