Equipe:
Durée: 100‘
Genre:
Date de sortie: 25/04/2000
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Nous sommes au début de l'hiver dans la région parisienne : une jeune femme, Marie Bourgoin, disparaît brutalement. Seul indice : un dépliant touristique maculé de sang. La brigade criminelle de Versailles est saisie de l'enquête. Le commandant Fabian, la capitaine Gomez et "les techniciens de scènes de crimes" se mettent au travail. Tel un chemin de croix, Gomez et Fabian iront jusqu'au bout de l'horreur pour accomplir leur devoir...

Notre critique:

Le polar français est un genre bien balisé. Répondant à des critères d’attente bien définis, il a plus souvent déçu qu’emballé. Pourtant, avec SCENES DE CRIMES, Frédéric Schoendoerffer renoue avec un cinéma proche de l’excellent L627 de Bertrand Tavernier. A savoir : sous une enquête se tissent des relations humaines et des problèmes psychologiques souvent difficiles à encaisser au jour le jour. Pour son formidable premier film, le réalisateur a opté pour la vérité. De fait, nous participons de l’intérieur à l’enquête. On ne voit que ce que les membres de la brigade découvrent, et rien de plus. C’est dans ces paramètres très exigus (filmer la réalité, rien que la réalité), que Schoendoerffer nous passionne littéralement pour le quotidien de deux enquêteurs. En exploitant le non-dit, donc l’image, il creuse la psychologie de ses personnages, leurs doutes et leurs joies. De plus, son regard se fait miroir quand il reflète les conséquences physiques et mentales de telles enquêtes sur ceux qui les dirigent. Berling et Dussolier sont parfaits. Jouant avec parcimonie de leur image d’intellos, ils interprètent magistralement deux flics plus joueurs d’échec que flingueurs ostentatoires.

Sans succomber à la tentation de tomber dans le voyeurisme primaire ou la violence gratuite, SCENES DE CRIME emballe. C’est une fiction aux détails véridiques, prenante, inattendue, qui se joue singulièrement de quelques lois du genre, et c’est tant mieux.
A ne surtout pas manquer!

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Journaliste