Titre français: Le Cercle Parfait

Equipe:
Durée: 108‘
Genre:
Date de sortie: 30/12/2000
(cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Sarajevo sous les bombes. Le poète Hamza (Mustafa Nadarevic) a mis sa femme et sa fille dans les derniers bus de réfugiés en partance pour l'Allemagne. De retour dans son appartement, il découvre deux orphelins cachés, Adis (Almedin Leleta) et Kerim (Almir Podgorica), qu'il ne peut se décider à abandonner à leur sort: ils n'ont plus de toit, plus de famille. Les jours passant, la cohabitation forcée entre le vieil homme et les enfants se transforme en affection.

Notre critique:

Le pourquoi de la guerre en ex-Yougoslavie n’est pas le thème du CERCLE PARFAIT. Il n’y a pas d’ennemi défini. Sarajevo vit sous une pluie ininterrompue de balles. On ne sait pas d’où l’on tire. On ne sait pas qui tire. Parfois un char blanc de l’ONU patrouille inutilement. Le réalisateur Ademir Kenovic s’intéresse uniquement au quotidien de ses héros et de la petite communauté qui les entoure. Dans cette ville en ruines où on ne peut pas faire ses commissions autrement qu’en courant pour éviter les snipers, des choses aussi basiques que manger, dormir, se chauffer, se transforment en véritables épreuves. Rire, chanter, nouer une amitié forte, découvrir l’amour, même ces choses anodines prennent brusquement une importance énorme.

Aux antipodes du style flamboyant et des dérives idéologiques de l’UNDERGROUND de Kusturica, LE CERCLE PARFAIT se construit comme un poème lent, rythmé par les vers mélancoliques de Abdulah Sidran. La politique en est absente. La mise en scène est sèche et posée. Seule compte la recherche du sens de la vie au milieu de l’absurdité guerrière. Certains trouveront que ce regard philosophique ajoute une grande profondeur au film. D’autres estimeront que cette sagesse lui enlève un côté passionnel vibrant.

Mais même s’il le fait plus par la tête que par le ventre, LE CERCLE PARFAIT nous interpelle. Et c’est le plus important.

A propos de l'auteur

Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.