Equipe: Brie Larson, Emma Donoghue, Jacob Tremblay, Lenny Abrahamson, Sean Bridgers
Durée: 118‘
Genre:
Date de sortie: 02/03/2016
Cotation: **** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

C’est l’anniversaire de Jack. Il a 5 ans et vit avec sa maman dans une pièce unique où se trouve le lit la salle de bain, le salon, la cuisine. Un univers clos avec comme fenêtres sur le monde la télévision et une lucarne dans le plafond de la pièce...

Notre critique:

ROOM commence par vous étouffer. Littéralement. En vous engluant, vous spectateur, dans le monde de Jack et de sa mère, Joy, qui vivent dans ‘la pièce’. Par petites touches, Lenny Abrahamson, le réalisateur, et Emma Donoghue, la scénariste et auteur du roman sur lequel est basé le film, tissent une toile dans laquelle vous êtes happés depuis la première minute jusqu’à la dernière.

Sans voyeurisme et sans sentimentalisme niais, ROOM aborde un type de faits divers les plus délicats qu’il soient: la séquestration de personnes par un tiers (comme par exemple l’affaire Elisabeth Fritzl). Mais au lieu de s’appesantir sur un fait divers, le récit, intelligent, s’attache aux détails et part de l’intérieur des personnages pour montrer leur rapport au monde, laissant filtrer une très forte émotion.

Et le plus étonnant, c’est que tout est parfaitement rendu et sonne extrêmement juste: de la réadaptation au monde après la libération, de la difficulté pour l’enfant de vivre dans le monde, comme du délicat retour dans la famille de Joy. Un sans faute sur toute la ligne depuis le plus petit détail (l’apprentissage de la montée des escaliers) jusqu’au profil psychologique de chacun des personnages.

Sens du détail bien sûr, mais sens aussi de la mise en scène, car ROOM joue habilement sur les couleurs (notamment entre la pièce et l’extérieur) et sur les focales (pour faire apparaître la pièce comme un monde sans limite). Seul ombre au tableau, si il fallait vraiment en trouver une: la musique trop appuyée et pas très fine mériterait franchement d’être retravaillée…

Enfin, côté interprétation, ce n’est plus un secret, Brie Larson (DON JON, la série UNITED STATES OF TARA), la jeune mère de Jack, a reçu un Oscar pleinement mérité pour une prestation en nuances dans un rôle ô combien nuancé et difficile. Il faut aussi souligner la formidable prestation de Jacob Tremblay, jeune garçon de 10 ans, qui incarne Jack à 5 ans, une belle prouesse, et un comédien en herbe à suivre!

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A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...