Equipe:
Durée: 95‘
Genre:
Date de sortie: 21/05/2002
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Dans le monde entier, le "Rollerball" fait fureur. Les spectateurs engagent des paris insensés et idolâtrent les joueurs de ce sport violent. Jonathan Cross en est la nouvelle vedette. Il fait partie de l'élite et bat tous ses adversaires. Que veut-il? La gloire, la fortune et jouer, jouer, jouer...Pour le patron de la ligue, Petrovich, le jeu n'a que peu d'importance face à l'argent et les scores...

Notre critique:

Affirmer que John McTiernan fut (et reste?) un des réalisateurs fétiches de la rédaction cinopsisienne tient presque de l’euphémisme, néanmoins au fil de ses derniers métrages, le virulent metteur en scène perd des adeptes. Et ROLLERBALL n’enrayera en rien cette désertion…

ROLLERBALL devait être, aux dires du zigue himself, l’ultime expérience cinématographique, une sorte de lessiveuse visuelle à faire vomir Michael Bay (ça je veux voir!), une broyeuse de cerveau… Sur écran, le résultat fait référence à un gros foutage de gueule!

Visiblement trituré dans tous les sens par des exécutifs paniqués au sortir de la première projection, l’ouvrage ressemble à un bidule mal recomposé. Des plans manques, des fossés scénaristiques plombent le récit, les dialogues sont dignes d’un soap d’AB production, la violence a été totalement édulcorée, etc. Snif, snif! Oui, le résultat est tout simplement désolant, et encore plus qu’on y retrouve les thématiques (qui a dit les tics?) du sauvage orchestrateur. L’homme perdu dans un milieu inhospitalier, qui s’adapte et finit par sortir vainqueur en faisant le nique à ses opposants, l’appréhension et puis l’assimilation d’une autre langue ça ne vous rappelle rien? Si bien sûr, quasi toutes les oeuvres du cinéaste et… McTiernan lui-même. On se rappelle avec amertume toutes les turpitudes qu’il a connues. Il a bouclé en bougonnant un 13th WARRIOR mal fichu (dont la rumeur fait courir qu’il y aurait un montage de 3 heures). Catalogué au rang des films maudits, on ne peut guère l’interroger sur le sujet tout comme sur ce dernier ROLLERBALL! Il est de notoriété publique que l’homme a toujours perverti les règles des majors et n’a eu de cesse de bidouiller dans son coin les trucs qu’il voulait monter, en balançant continuellement des leurres à la production. Il en a résulté quelques incontestables réussites comme DIE HARD 1 & 3 et d’autres métrages fort honorables. Son THOMAS CROWN fut un exercice de style mis en boîte avec une indubitable classe. Mais voilà, tout aurait-il une fin? A force de briser les barrières, de sortir des sentiers rebattus, on termine toujours dans une fosse aux lions en proie à des businessmen réfractaires à tout changement, à toute évolution…

Parce qu’on se choppe une séquence de 10 minutes en caméra infrarouge, parce qu’il y a toujours une certaine fureur dans ses plans, et parce qu’on aime profondément cet auteur, ROLLERBALL restera comme une des expériences les plus catastrophiques d’un studio américain mais aussi comme la démonstration de la ténacité d’un réalisateur hors-norme qui aime aller de l’avant quitte à se prendre, comme ici, un arbre! Et l’habituel cri rageur de ce merveilleux metteur en scène de se muer en un long râle d’agonie…

A propos de l'auteur

Journaliste