Equipe: Bryce Dallas Howard, Dexter Fletcher, Lee Hall, Richard Madden, Taron Egerton
Durée: 121‘
Genre: Drame biographique
Date de sortie: 29/05/2019
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

ROCKETMAN ne raconte pas l’entièreté de la vie d’Elton John. Elle parcourt principalement son enfance, sa jeunesse et, en majeure partie, le début de sa carrière, des galères aux succès.

Notre critique:

S’il y a bien quelqu’un avec qui mes affinités musicales ne correspondent pas, c’est bien Elton John. Autant dire que ROCKETMAN était un projet qui, au mieux, ne m’emballait pas, au pire, me laissait complètement indifférent. Il faut dire que les biopics musicaux ont souvent soufferts de mauvais traitement, en témoigne l’horrible BOHEMIAN RHAPSODY qui était complètement passé à côté de son sujet, tant sur le fond que la forme. Quand on voit que le réalisateur de ROCKETMAN, Dexter Fletcher, a justement repris le flambeau après le départ de Bryan Singer sur BOHEMIAN RHAPSODY, il y avait de quoi être inquiet. Au final, la surprise fut totale. Quelle réussite !

ROCKETMAN ne raconte pas l’entièreté de la vie d’Elton John. Elle parcourt principalement son enfance, sa jeunesse et, en majeure partie, le début de sa carrière, des galères aux succès. Le fil rouge, ce sont les relations problématiques d’Elton avec son entourage. On retrouve d’abord ses parents. Son père a longtemps été absent. Il est autoritaire et n’en a que faire de sa famille. Sa mère est plus présente mais essaie par tous les moyens d’aller voir ailleurs, de quitter le domicile. Elle est peu aimante également. Heureusement qu’il y a la grand-mère ! Du côté professionnel, c’est avec John Reid que ça sera compliqué. Passé d’amant à manager, Reid va prendre de plus en plus d’importance dans la vie d’Elton. Trois relations conflictuelles, c’est un début mais ce n’est pas l’unique problème du chanteur. L’alcool et les drogues vont aussi jouer un rôle destructeur. Ces substances vont avoir une emprise forcément négative et entrainer John dans une spirale infernale, spirale qui trouvera heureusement une fin positive. Le film s’arrête d’ailleurs au moment où Elton va en réhabilitation. La suite, on la connaît.

Que vous soyez familier ou non de la carrière et la musique d’Elton John, ROCKETMAN est tout de même un film à voir car vous découvrirez des choses et, surtout, c’est fait de jolie manière. La mise en scène et le montage sont vraiment fabuleux puisqu’ils permettent d’inclure les chansons d’Elton comme des parties prenantes du film. Les entendre, au moment où on les entend, c’est logique, cela fait sens. Malgré le fait que ce ne soit pas lui qui ait écrit les paroles de ses chansons, il est force de constater que chacune d’entre elles représente un moment précis de sa vie, un état d’esprit précis. Son parolier, Bernie Taupin, est là depuis le tout début et, comme ils aiment le souligner, ils ne se sont jamais disputés de leur vie. Voir cette évolution, dans la tête d’Elton John, dans sa carrière, dans sa musique, dans ses relations avec les autres, c’est juste sublime. Cette recherche d’amour, qu’il a faite toute sa vie durant, est une vraie leçon et permet de mieux comprendre sa personnalité.

Le côté comédie musicale du film est génial, alors que c’est un genre que, personnellement, j’ai tendance à détester. C’est vraiment inventif, créatif, énergique, très esthétique, et cela s’inscrit vraiment bien dans la narration. Tout le travail artistique est réussi mais, ce qu’il y a de plus fort, c’est le casting.

Gloire à Taron Egerton! Le jeune comédien, plus connu pour son rôle principal dans la saga KINGSMAN, incarne un Elton John plus vrai que nature. Au vu l’accolade qu’ils ont d’ailleurs eue à l’issue de la projection du film à Cannes, il ne fait nul doute qu’il a convaincu le principal intéressé. A vrai dire, il a convaincu tout le monde. Sa prestation est faite sans fausse note, toujours avec beaucoup de justesse, de nuances. Il est bien épaulé par les solides Jamie Bell, Bryce Dallas Howard ou encore Richard Madden qui, eux aussi, ont pas mal d’expérience.

Il est évident que, sur la durée, on se souviendra bien plus de cette agréable surprise qu’est ROCKETMAN que d’autres biopics consacrés à des musiciens. La réussite est totale, à tous les niveaux, que ce soit sur le fond ou la forme. C’est passionnant, extrêmement divertissant mais n’oublie pas les émotions car le côté dramatique est aussi important. Des biopics comme ça, on en veut bien plus souvent, tout simplement.

Vous aimerez peut-être:

A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.