Titre français: Le cas Richard Jewell

Equipe: Billy Ray, Brandon Stanley, Clint Eastwood, Paul Walter Hauser, Sam Rockwell
Durée: 131‘
Genre: Drame biographique
Date de sortie: 12/02/2020
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

G. Watson Bryant, avocat, croise Richard Jewell sur son lieu de travail, ce dernier étant l’homme à tout faire du cabinet. En discutant avec lui, Watson se rend compte à quel point Richard observe tout et retient les détails les plus infimes. Ce dernier lui confie qu’il aimerait bien avoir un poste dans la sécurité...

Notre critique:

En 2018, avec THE 15:17 TO PARIS, on avait bien cru perdre Clint Eastwood à jamais. Trop âgé, trop nationaliste, trop… d’adjectifs qualifiant ce réalisateur alors âgé de 88 ans dont la solidité en matière de mise en scène était rudement mise à l’épreuve dans ce film qui parlait de l’attentat manqué dans un Thalys vers Paris.

Puis il y avait eu la même année THE MULE qui nous avait un peu réconcilié avec papy Eastwood. On avait l’impression de le retrouver en forme, pas au top mais avec un savoir-faire qui renouait avec ses précédentes réalisations.

Et voici donc son nouveau film, RICHARD JEWELL qui vient le remettre définitivement en selle (sans jeux de mots sur le cowboy qu’il’a été autrefois). Le film raconte l’attentat du Parc du Centenaire pendant les JO d’Atlanta, attentat à la suite duquel le FBI et les médias vont identifier le parfait bouc émissaire en la personne d’un des gardes de sécurité durant l’événement, alors que c’était justement ce garde qui avait éviter le pire.

On pourrait facilement mettre en parallèle SULLY (du même Clint Eastwood) et RICHARD JEWELL qui, tous les deux, montrent comment être un héros aux Etats-Unis peut se retourner contre vous et faire de vous l’ennemi de l’Etat ou d’une firme privée.

Mais la comparaison s’arrête là où commence l’histoire de RICHARD JEWELL. Car Eastwood s’attaque avec ce sujet à la fois au FBI et aux médias qui dans cette affaire ont commis de nombreux raccourcis afin de proposer un coupable tout trouvé. Ces deux faces d’une même médaille, celle qui condamne le naïf Richard Jewell, sont la représentation du dysfonctionnement d’une certaine Amérique.

Côté interprétation, Clint Eastwood choisit la voie d’acteurs méconnus du grand public, ce qui renforce le réalisme de la mise en scène, elle-même très factuelle.

RICHARD JEWELL, sans être le plus grand film de Eastwood, renoue en tout cas avec le côté mise en scène solide qui a toujours caractérisé ce réalisateur. L’histoire, plutôt méconnue de ce côté-ci de l’Atlantique, est exemplaire des cas de faux coupable bien pratique pour calmer le grand public et satisfaire le politique.

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A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...