Equipe:
Durée: 103‘
Genre:
Date de sortie: 13/08/1996
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Le classique de Shakespeare, transposé dans l'imagerie fasciste des années 1930. La guerre pour le trône d'Angleterre fait rage entre les Lancastres et les York. Parmi ces derniers, Richard parvient à se hisser sur le trône à force d'intrigues et d'assassinats.

Notre critique:

Tiens donc! Une adaptation de Shakespeare pour laquelle le nom de Kenneth Branagh n’apparaît nulle part au générique. Voilà qui risque bien d’être intéressant… rn

RICHARD III est réalisé par Richard Loncraine. Cette cinquième adaptation est sans nul doute la plus gonflée de toutes. Dans un style radicalement différent de celui de Branagh, Loncraine mélange savamment l’humour caustique, le gore sanguinolant et le drame shakespearien. Il réalise là une tragédie baroque aux couleurs écarlates, cruelle et cynique, qui s’insère parfaitement dans la mouvance PULP FICTION des années ’90. rn

Vous avez du mal à réaliser? Imaginez un peu…
L’histoire est transposée dans le Londres des années ’30. Celui des mitrailleuses lourdes, des tanks et du nazisme. Le roi sanguinaire Richard élimine systématiquement tous ceux qui l’empêchent d’accéder au trône. Il porte une petite moustache noire. Il argue ses troupes dans de grandes salles ornées de drapeaux rouges. Hitler n’est pas loin. Interprété par Ian McKellen, le despote est tout bonnement affreux. Son humour acide et ses intrigues meurtrières sont repoussants. L’acteur, génial, nous prend parfois à parti: sensation désagréable d’être le complice d’un fou. Sa prestation est soutenue par un casting exemplaire: Annette Benning (THE AMERICAN PRESIDENT), Kristin Scott Thomas (ANGELS AND INSECTS), John Wood… rn

Les pentamètres iambiques originaux gardent, malgré l’anachronisme, tout leur sens et toute leur force. L’émotion est de la partie. Même si on garde en mémoire les oeuvres d’Orson Welles et de Laurence Olivier, on ne peut qu’être surpris et séduit par celle-ci. L’adaptation est libre, certes, mais elle tient la route. Elle frappe. On n’est pas près de l’oublier. rn

Le réalisateur ne ménage pas ses effets. Les assassinats sont suggestifs et sanglants. Un des protagonistes est transpercé par dessous son lit, tandis qu’il fait l’amour. L’amour est indiscutablement lié à la mort. Le film ose tout. Il dépasse les bornes. Enfin, celles qu’on nous impose. La production britannique est décidément riche en surprises. Voici qu’elle nous offre un nouveau film culte. rn

Qu’on se comprenne bien: RICHARD III n’est pas un film reposant. Il ne s’adresse pas à tout public. C’est un film à la lisière de la folie, qui nous emporte dans sa frénésie macabre. On aime ou on n’aime pas. A vous de vous prendre par la main…

A propos de l'auteur

Journaliste