Equipe:
Durée: 94‘
Genre:
Date de sortie: 30/10/2001
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

REINES D’UN JOUR, c’est l’histoire d’une journée de merde. Elle commence à 8 heures du matin et se termine vers 6 heures le matin suivant. Quatre individus vont subir une somme exagérée de contrariétés d’ampleur variée. Certains d’entre eux se connaissent, d’autres vont être amenés à se croiser… par hasard.

Notre critique:

Dans la lignée de CA IRA MIEUX DEMAIN, la dernière fiction de Marion Vernoux met en scène avec un certain brio des personnages épars pris dans une succession de catastrophes plus ou moins graves. Luis, chauffeur de bus, se fait larguer par sa femme alors qu’il est au volant de son véhicule de fonction. Marie, photographe, se retrouve enceinte après avoir batifolé avec un homme, le jour du mariage de ce dernier. Hortense, orthophoniste et trentenaire, passe sa journée le portable à la main à attendre qu’un de ses amants se manifeste. Maurice, ex-cuisinier vedette de télé, fait peau neuve pour accueillir sa vieille complice télévisuelle après vingt ans de séparation. Autant de situations improbables qui s’entassent sur un rythme impeccable, balayant les histoires, entremêlant les destinées…

Après le très convaincant RIEN A FAIRE, la cinéaste fait, ici, preuve à nouveau de son indéniable savoir-faire et d’une finesse d’écriture qui ne choisit, heureusement, jamais entre le drame pur et la comédie. Balançant ses personnages dans tous les sens, entre rires et larmes, la caméra ironique de la réalisatrice se met cruellement au service de ses victimes. Ainsi, certaines images fantasment les pensées des acteurs. Lorsque Hortense perd pied face à une situation incongrue on la voit se noyer. Quand Maurice imagine ses retrouvailles avec sa collaboratrice, la scène prend le look d’un roman photo kitsh. Bref, la forme se calque sur les sentiments tout en gardant un point de vue piquant (limite foutage de gueule) sur eux. La réalisatrice développe ainsi divers axes qui instaurent un décalage de tous les instants sur le récit. Même si elle est acide, la caméra maintient néanmoins un regard plein de compassion. Et c’est grâce à cette aigre mais douce lucidité que REINES D’UN JOUR séduit plus que n’importe quelle chronique impersonnelle qui ne brasse que l’air du temps.

Servie par un casting hors-normes où quelques beaux noms du cinéma se croisent, Marion Vernoux compile le temps d’un film une jolie galerie de situations tout aussi rocambolesques que crédibles. Et quand ces deux adjectifs s’accouplent, on peut être assuré de la justesse et de la légère gravité du propos !

A propos de l'auteur

Journaliste