Equipe:
Durée: 124‘
Genre:
Date de sortie: 22/10/2002
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Trois ans après avoir arrêté le docteur Hannibal Lecter, Will Graham vit paisiblement avec sa femme et son fils en Floride. Si les blessures physiques que lui a infligées le dangereux criminel ont quasiment disparu, les nombreuses séquelles psychologiques qu'il garde de cette mauvaise rencontre l'ont amené à se retirer du FBI. Pourtant un jour, son ancien patron vient lui rendre visite. Il a besoin de son aide pour traquer un tueur en série connu sous le nom de "The Tooth Fairy". Ce dernier a déjà massacré deux familles. Ces meurtres concordent avec le cycle lunaire et la police fédérale ne dispose que de quelques jours avant qu'il ne frappe à nouveau. Will ne se sent pas prêt à reprendre du service, mais a-t-il réellement le choix ? Il est le meilleur pour résoudre ce genre d'enquêtes et il le sait. Afin de comprendre les motivations de ce tueur, il se voit contraint de demander de l'aide à son pire ennemi, le bon vieux docteur Lecter qui est désormais derrière les barreaux et sous haute surveillance.

Notre critique:

Son nom ne vous évoque peut-être rien, m’empêche que ça vaudrait sûrement le coup de savoir ce qui se passe parfois dans la tête de Dino de Laurentiis. Producteur du grand-guignolesque HANNIBAL de Ridley Scott, le voilà qui remet une troisième fois le couvert en réadaptant le roman de Thomas Harris (l’opus premier de la saga consacrée au charismatique Docteur Lecter) comme si il avait complètement oublié qu’il avait déjà traité le sujet il y a 15 ans avec l’excellent MANHUNTER de Michael Mann. Pour cette nouvelle stratégie marketing (à moins qu’elle ne soit fétichiste), c’est vers les talents limités d’un Brett Ratner (RUSH HOUR 1&2, FAMILY MAN) qu’il s’est cette fois tourné tout en réussissant à grand coups de dollars à convaincre la crème hollywoodienne (Sir Hopkins en tête) d’offrir ses services pour faire revivre le psychopathe cannibale le plus populaire du cinéma américain.

Bien que jouant à fond sur la carte Hannibal en étoffant considérablement son rôle (relativement réduit dans le bouquin) en faisant appel au scénariste de SILENCE OF THE LAMBS, RED DRAGON a non seulement bien du mal à arriver à la cheville de ce dernier mais en plus a des allures de vulgaire imitation. Car si la trame et l’intrigue sont les mêmes, l’atmosphère glauque, les frissons et l’effet de surprise ne sont pas au rendez-vous dans cette adaptation aussi plate qu’un champ de patates fraîchement labouré, tant au niveau esthétique que psychologique. Ironie du sort, alors qu’il est censé se dérouler en amont du Silence des Agneaux, cet épisode ne cesse de lui faire des rappels et des clins d’oeil lourds et appuyés.

Loin du style visuel et du symbolisme de Michael Mann ou de l’univers oppressant et inquiétant de Jonathan Demme, Brett Ratner se contente sans génie ni patte personnelle, de sauver les meubles d’un divertissement archi convenu et sans relief, destiné à faire rentrer les billets verts dans le tiroir caisse grâce à sa distribution solide mais pas toujours convaincante ou sous employée (Harvey Keitel ou encore Emily Watson). Si ce vieux briscard d’Anthony Hopkins (rajeuni pour l’occasion) ne nous étonne guère dans un rôle qu’il connaît désormais par cœur, Edward Norton (malgré une sale mine et un vilain bouton), nous avait habitué à plus torturé et inquiétant par le passé. Quoi qu’il en soit, que cet opus ne fasse ou pas un carton au box office, une chose est sûre, il serait grand temps de penser à ranger dans sa boite le mythe d’Hannibal avant qu’il ne finisse par nous manger.

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Journaliste

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