Equipe:
Durée: 85‘
Genre:
Date de sortie:
(cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Fred est une star de la télé insupportable. Il aligne les conquêtes féminines plus vite que Lucky Luke tire sur son ombre. Banni de la plupart des plateaux télévisés suite à un malheureux malentendu, il doit se faire passer pour un homosexuel afin d'être embauché sur une chaîne gay. Son cousin Joël, un beauf issu de la campagne profonde, débarque en ville pour participer à la finale régionale de karaoké. Fred profite de l'occasion pour l'engager comme 'petit ami'.

Notre critique:

Voici sur papier un scénario plutôt sympathique, inspiré par la célèbre contine du rat des villes et du rat des champs. Sur pellicule, l’ensemble ne manque pas de charme. Les acteurs sont attachants: Smaïn est bien moins insupportable qu’on ne le craignait; Michel Muller est truculent. Jean-Marc Longval réalise son troisième long métrage patiemment, prenant garde à satisfaire au mieux le public. Ce qu’il réussit avec bonheur. Il se paie même le luxe de signer quelques gags visuels inventifs. Pas mal.
Mais cet emballement mérite pourtant qu’on le tempère d’un important bémol. Voici quelques années que fleurissent les comédies homo qui militent pour la tolérance. Si certains longs métrages abordent le thème avec sensibilité (avez-vous vu LE DERRIERE, de Valérie Lemercier?), d’autres, comme RECTO-VERSO, sombrent allègrement dans la caricature. Le milieu homo n’est fréquenté que d’excentriques qui s’habillent de maillot zébré ou de cuir et parlent en zézayant. Il faut bien faire rire le grand public, alors, on exagère sous le couvert de la bonne parole finale (aimez-vous les uns les autres, hommes ou femmes – ceci dit, les héros sont bisexuels, faudrait pas décevoir le public familial). Si, pour nous amuser, il faut déformer à ce point le sujet; si, pour nous apprendre le respect de l’autre, il faut le ridiculiser, ne vaudrait-il mieux pas nous raconter une autre histoire? rn

RECTO-VERSO est drôle, c’est indéniable. Et si son principe est dangereux, mais vu que vous en êtes prévenus, c’est promis : on ne vous en voudra pas si vous allez le voir!

A propos de l'auteur

Journaliste