Equipe: Jenna Cato Bass, Jimmy Gathu, Muthoni Gathecha, Patricia Amira, Samantha Mugatsia, Sheila Munyiva, Wanuri Kahiu
Durée: 83‘
Genre: Drame
Date de sortie:
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Kena, une lycéenne, un peu garçon manqué, traine souvent dans la rue avec son pote Blacksta et ses amis. Son père, remarié, est en pleine campagne électorale, et sa mère, très religieuse, vit avec Kena dans un appartement. Mais depuis quelques temps, la route de Kena croise beaucoup celle de Ziki, une autre lycéenne, plutôt charmante...

Notre critique:

Deuxième film de la réalisatrice Kenyane Wanuri Kahiu, RAFIKI est surtout le premier long métrage de fiction Kenyan à être présenté au Festival de Cannes. Rien que pour cela, il mérite toute notre attention!

Au-delà de ce constat purement statistique, RAFIKI est aussi la démonstration en image de la modernité du cinéma africain (si il en fallait vraiment une) et de sa capacité à aborder des sujets plutôt difficiles dans l’Afrique moderne. Car Kena et Ziki, attirées l’une par l’autre, vont assumer leur amour dans un Kenya hostile, où la population refuse toujours d’admettre que deux hommes ou deux femmes puissent simplement s’afficher ensemble. Et où la religion n’est pas plus permissive bien sûr (les prêches du curé dans l’Eglise sont exemplaires).

En abordant l’homosexualité au Kenya, Wanuri Kahiu ne choisit donc pas le sujet le plus simple et rappelle d’ailleurs que l’homosexualité dans son pays est toujours passible de peines d’emprisonnement longues. Et même si elle le fait avec beaucoup (trop) de romantisme en caractérisant Kena et Ziki plus comme des jeunes filles naïves et fleur bleue, elle a l’immense mérite de mettre le sujet en image et aussi en musique avec talent.

Bon bien sûr, il n’y a pas à proprement parler de prise de position forte contre un régime qui ne veut pas reconnaître l’homosexualité, et le traitement des personnages reste beaucoup trop superficiel, mais la mise en images, les couleurs, les lieux où se déroulent le récit ainsi que la BO font que le film résonne derrière nos pupilles longtemps après la projection.

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...