Equipe:
Durée: 98‘
Genre:
Date de sortie: 27/11/2001
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Le 14 juillet 1969, l’Homme se prépare à marcher sur la lune. Ce jour-là, Esther rêve pour sa fille Sacha, d’un mariage prestigieux, d’une vie sans histoires dans une jolie villa et d’une brillante carrière en médecine.Après deux années passées à Montréal, Sacha revient en Belgique pour lui avouer sa différence, lui expliquer qu’elle préfère les filles aux garçons…

Notre critique:

Après le scénario de MA VIE EN ROSE et quelques courts-métrages, la belge Chris Vander Stappen signe son premier long métrage.

Dans QUE FAISAIENT LES FEMMES PENDANT QUE L’HOMME MARCHAIT SUR LA LUNE?, elle aborde plus ou moins les mêmes thèmes que dans toutes ses créations. Tout d’abord l’identité sexuelle. Du petit garçon qui voulait s’habiller en fille à la fille qui aime les filles, il n’y a qu’un tout petit pas. Ce que certains considèrent comme une faute remet ici tout en question dans la cellule familiale, deuxième thème que la scénariste/réalisatrice développe. Et pour fermer son triangle thématique, elle y ajoute la compréhension comme moyen de communion.

Si cet ensemble se révèle sur le papier fort sympathique, la réalisatrice pèche par un manque de distance par rapport à ses sujets. De plus, elle charge tous ses personnages, sans la moindre exception, de tares, de secrets qui annihilent toute tentative de communication. Chaque élan de dialogue est directement castré. Tous les personnages ont quelque chose d’autre à faire, regardent la tv, ou font la vaisselle, tant et si bien que l’on se demande s’il n’y pas manipulation d’auteur et donc création de pure fiction en lieu et place de la chronique bien sentie ?

On assiste à une déferlante de protagonistes isolés se racrapotant sur leurs petits maux, aussi grands soient-ils, malaxant leurs problèmes sans se soucier de leur voisin. Rajoutons à cela un surplus de bons sentiments, qui outre-passe la raison, et vous comprendrez bien vite, que le premier long métrage de Chris Vander Stappen se noie dans un trop plein de tout. Le décalage entre les membres de cette famille devient vite une laborieuse conquête du bonheur et de la liberté. Une écriture plus légère aurait très certainement contribué à renforcer les propos de cette fiction et aurait permis aux acteurs d’avoir moins recours à l’hystérie pour s’exprimer. La conquête socio-historique tente en vain d’ancrer plus profondément la trame, mais en fait, elle ne rajoute que quelques artifices supplémentaires à l’ensemble de la structure. Mais si QUE FAISAIENT LES FEMMES PENDANT QUE L’HOMME MARCHAIT SUR LA LUNE? est une oeuvre très maladroite, elle reste intégralement sincère!

A propos de l'auteur

Journaliste