Equipe:
Durée: 100‘
Genre:
Date de sortie: 03/11/1998
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Une histoire directement inspirée de l'affaire Dutroux: Johnny et Eddie enlèvent, violent et filment des mineures pour le compte d'un réseau.

Notre critique:

PURE FICTION est à prendre avec précaution. Le mouvement de solidarité ayant engendré sa création est remarquable d’humanisme, d’altruisme et de civisme. On ne peut pas en dire autant du scénario! Se cachant sous l’appellation ‘fiction’, le film de Marian Handwerker se plaît à confondre réalité et fiction. Un amalgame qui sera bien vite fait au profit d’une réalité et d’un système révoltants (voire fourre-tout) dans lesquels va se complaire une foule de spectateurs en mal de boucs émissaires.

Certes, le film est empreint d’une pudeur louable, la caméra ne dérape pas et évite soigneusement les fossés putassiers d’une pornographie ou d’un voyeurisme de bas étage. Pourtant, l’histoire met en place une galerie de personnages faisant, ici, quasiment office de catalogue belge de la pédophilie actuelle. Tous sont présents: le curé qui aime les petites filles, un duo de ravisseurs très proches de l’actualité, la femme complaisante d’un des ravisseurs, le juge intègre mais impuissant, le flic routinier et indifférent, les protections dont bénéficient nos malfrats, les soirées fines incluant des pontes de la politique et autres dignitaires… et on en passe. Le milieu géographique se situe, bien entendu, à Charleroi, épicentre de toute activité pédophile et de plus en pleine crise sociale.

On ne tente pas de faire le procès d’une oeuvre nécessaire, car PURE FICTION en est une et a le privilège d’exister. Mais sous les couverts d’une fiction, le film ne peut s’empêcher de mettre en scène des informations vérifiées ou non, de les compiler et de les donner en pâture.

Le film côtoie beaucoup trop le quotidien pour se définir comme une fiction et inclut trop d’éléments de fiction (comme les protections qui n’ont jamais été prouvées jusqu’à présent) pour se vouloir réel. La barrière entre les deux est trop floue pour pouvoir définitivement cerner les intentions scénaristiques de ses auteurs.

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Journaliste