Titre français: Psychose

Equipe:
Durée: 109‘
Genre:
Date de sortie: 26/01/1999
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Pour rejoindre son amant, Marion Crane vole quelques dizaines de milliers de dollars à son patron et quitte la ville. En route elle s'arrête dans un motel vide, tenu par un jeune homme étrange et sa mère que personne ne voit jamais.

 

Notre critique:

Devant l’exercice de style de Gus Van Sant, le malaise est permanent. Si on peut l’apprécier parce qu’il a délibérément copié plan par plan, son par son, dialogue par dialogue (à quelques exceptions près quand même), l’original d’Hitchcock, on peut le détester exactement pour les mêmes raisons.

Car PSYCHOSE a tout simplement vieilli. 38 ans d’évolution des moeurs et de cinéma gore sont passés par là.

Non, la relation illégitime entre Marion Crane et Sam Loomis n’est plus condamnable et n’apporte plus au spectateur ce poids de culpabilité qui force l’intérêt et la compassion du spectateur (et sa surprise lors de son meurtre soudain au tiers du film) ! Marion Crane n’est qu’une irresponsable décervelée, victime désignée dès son apparition comme une adolescente à gros seins du moindre slasher movie. Non, les meurtres au couteau sans plaies et les nettoyages de cadavres sans cadavres visibles n’impressionnent plus ! Et non, mille fois non, il n’est plus nécessaire de faire expliquer le pourquoi du comment par un psychiatre sorti de nulle part.

Le peu de péripéties ennuie, les montées d’angoisses ne provoquent que de l’impatience. Et même si le scénario reste très intelligemment construit pour créer la surprise finale, il est sot de croire qu’on se laisserait encore surprendre.

On ne sait pas ce qui aurait été préférable: une réactualisation complète, à la grande terreur des puristes, ou ceci, au grand ennui du spectateur de base. PSYCHOSE appartient à l’histoire du cinéma, plus au public. Les qualités demeurent, cachées. L’impact a disparu.

Ceci dit, la démarche de Gus Van Sant est intéressante. Même fidèle, il n’est pas servile, et il imprime sa marque à l’exercice imposé. Il renforce l’humour bizarre (le saviez-vous? Selon Hitchcock, PSYCHOSE est une comédie macabre) et le rend même haineux par endroits. Par sa bande-son discrète mais très complexe et quelques plans décalés (oh, une vache! oh, une femme à poil!), il crée un climat étrange, une sorte de cauchemar au ralenti.

Il est vain de vouloir comparer les acteurs des deux versions : Vince Vaughn vaut-il Anthony Perkins? Et William Macy, Martin Balsam? Clairement, oui. Pas vraiment par leurs jeux respectifs, mais parce que sur papier (les dialogues à double sens restent superbes), tous les personnages sont simplement en béton.

La copie de Van Sant a le mérite d’être honnête. Il proclame tout haut ce que beaucoup font dans l’ombre (voir CITY OF ANGELS entre autres). Mais en même temps, elle met en avant la pauvreté scénaristique d’un certain cinéma hollywoodien qui ne survit plus que par le pillage. Pour le moment, la liste des remakes devient vertigineuse.

 

A propos de l'auteur

Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.