Equipe: Alice Winocour, Eva Green, Jean-Stéphane Bron, Lars Eidinger, Matt Dillon
Durée: 107‘
Genre: Drame
Date de sortie: 27/11/2019
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Sarah est une astronaute française qui s'apprête à quitter la terre pour une mission d'un an, Proxima. Alors qu'elle suit l'entraînement rigoureux imposé aux astronautes, seule femme au milieu d'hommes, elle se prépare surtout à la séparation avec sa fille de 8 ans.

Notre critique:

Si AUGUSTINE, sorti en 2012, est son premier film, c’est avec MARYLAND qu’Alice Winocour s’est réellement faite remarquer comme réalisatrice. Quatre ans plus tard, elle revient avec son troisième long-métrage, encore plus international que le précédent (qui se reposait déjà sur les présences de Diane Kruger et Matthias Schoenaerts). C’est ainsi qu’elle embarque cette fois-ci Eva Green et Matt Dillon vers les étoiles.

PROXIMA est le nom d’un projet spatial d’une période d’an durant laquelle des astronautes vont résider dans la station spatiale internationale. C’est une mission conjointe de l’ESA et la NASA ce qui fait que l’équipage est composé d’astronautes américains et européens ainsi qu’un russe. Pour Sarah, jeune astronaute française, aller dans l’espace est un rêve d’enfance, un désir si profond qu’elle est prête à mettre tout en œuvre pour y arriver. La difficulté principale qu’elle devra surmonter, c’est la séparation, la distance qu’il va y avoir entre sa fille Stella et elle.

C’est l’un des thèmes principaux du film. Raconter la préparation et l’aventure qui attend un astronaute, c’est déjà quelque chose de particulier mais le faire au travers d’un regard féminin, une mère de famille qui s’apprête à quitter sa famille pour réaliser sa mission, ça l’est encore plus et cela enrichit énormément le récit. Les enjeux sont importants, à un point tel qu’ils pourraient tout remettre en question. Qu’est-ce qui est plus important que la famille? La réalisation d’un rêve? L’avancée scientifique et technologique?

L’autre grosse thématique, c’est de montrer de façon hyper réaliste, la préparation d’un astronaute à un départ spatial. C’est fait de façon presque documentaire et sans fioritures, on y croit, tout simplement. On est loin de la vision hollywoodienne de la chose, mettant les astronautes sur un piédestal, les présentant comme des héros, pour ne pas dire des super-héros. Ici, c’est fait à l’européenne, avec plus de rigueur et de recul. La véracité est primordiale et même si narrativement Winocour se permet un petit écart, PROXIMA est d’un niveau irréprochable, didactique, de haut niveau, en témoigne d’ailleurs la participation de Thomas Pesquet lors d’une courte scène.

On peut parfois être allergique à Eva Green mais, que tout le monde soit rassuré, elle signe ici l’une de ses meilleures performances. Elle est d’une justesse incroyable en étant toujours sur la corde d’un point de vue émotionnel car, il est évident qu’avec de tels enjeux, les émotions sont au rendez-vous. Matt Dillon, en quête d’une certaine rédemption ces dernières années, notamment grâce à Lars Von Trier ou Yorgos Lanthimos dans son court-métrage NIMIC, est tout aussi bon que sa compère. Il incarne un personnage de connard et le fait parfaitement. Cela fait du bien de le voir autant au point car il nous avait manqué. Tout le reste du casting, de Sandra Hüller à Lars Eidinger en passant par la formidable révélation Zélie Boulant (qui interprète Stella) est au même niveau que les acteurs principaux, conférant à l’œuvre d’Alice Winocour une solidité certaine.

PROXIMA était un pari compliqué pour Alice Winocour. C’était un projet ambitieux qui nécessitait énormément de précision, dans l’écriture principalement mais aussi dans l’écriture. Tous les ingrédients essentiels à la réussite ont été réunis ce qui fait que l’ambition formelle a été atteinte et qu’ainsi Alice Winocour confirme les espoirs placés en elle avec brio.

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A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.