Equipe:
Durée: 134‘
Genre:
Date de sortie: 11/05/1999
Cotation: oo (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Pierre, riche dilettante menant la vie de château auprès de Marie, a écrit LE livre que la jeunesse actuelle adule - on se demande bien pourquoi. Il est promis à une fille malingre, moins belle qu'ennuyeuse, qu'il dit aimer comme on le fait dans les romans courtois, c'est-à-dire de loin. Il laisse tout tomber pour retrouver une clocharde slave quelconque, aussi laide que triste, qu'il croit être sa soeur reniée- on se demande bien pourquoi aussi d'ailleurs - et partage sa vie de SDF. Sans ressource, il se réfugie dans une communauté vaguement terroriste dirigée par un musicien charismatique et taiseux. Les pieds sales et la gueule pleine de poils, il gribouille son nouveau livre, sorte de crachat au visage du monde pourri qui est le nôtre. Pendant ce temps, Marie meurt de chagrin et le cousin de Pierre, preux chevalier bas du front, a juré sa perte.

Notre critique:

Etre jeune, c’est porter des cheveux longs, de longs vêtements noirs, une barbe hirsute, être sale et maudire avec hargne l’injustice du monde. Une seule raison d’être: la révolte. Une seule issue: la mort. Voilà grosso modo ce qu’on peut retirer du dernier Carax, si on ne sombre pas avant dans l’ennui ou l’affliction, tant son histoire est tarte.

Des sentiments hypertrophiés, des contrastes violents, du sang, du social, la Mort… Carax est un grand Romantique. Mettons. Mais ce qui faisait la qualité de MAUVAIS SANG et des AMANTS DU PONT-NEUF est si hénaurme ici qu’on sature immédiatement. Les dialogues littéraires à l’excès sonnent horriblement faux et permettent aux acteurs de montrer que, même au somment de leur art, ils peuvent très mal jouer. L’imagerie lyrique donne une indigestion. Voir Catherine Deneuve, le visage couvert de larmes et la coiffure en bataille, tombant d’une moto lancée plein pot dans une forêt nocturne, provoque un rire d’une nervosité rare.

On a envie de gifler quelqu’un pendant POLA X. Guillaume Depardieu peut-être, parce qu’il est juste mauvais. Yekaterina Golubyova aussi, tant elle est comateuse. Et Carax lui-même, parce qu’il s’entête à coup de cornichonneries tonitruantes à vouloir ériger en Vérité Absolue les poncifs de la révolte adolescente.. S’il a besoin de ressasser éternellement sa période acnéique et coléreuse, qu’il aille chez un psychologue, ou au confessionnal, ou au bordel. N’importe où, tant que ça le calme. Mais qu’il arrête de gâcher de la pellicule pour nous hurler à la figure.

A propos de l'auteur

Christophe Bruynix
Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.