Equipe: Kata Wéber, Kornél Mundruczó, Molly Parker, Sarah Snook, Shia LaBeouf, Vanessa Kirby
Durée: 126‘
Genre: Drame
Date de sortie:
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Une femme en deuil se lance dans un voyage émotionnel après la perte de son bébé.

Notre critique:

On n’a plus vu de film du hongrois Kornél Mundrozcó depuis son JUPITER’S MOON présenté à Cannes en 2017. Le voici de retour, à Venise cette fois-ci, avec son premier film en langue anglaise, PIECES OF A WOMAN. Il s’agit d’un drame traitant du choc psychologique subit par Martha suite à un deuil. Ce deuil aura des conséquences néfastes sur ses relations, principalement celles avec sa mère et avec son époux.

Le film démarre avec une scène très forte, celle précédent le deuil. Cette scène, filmée en plan-séquence, donne rapidement le ton puisqu’elle est extrêmement chargée en intensité et émotions. Mundruzcó livre une mise en scène magistrale qui fait progressivement monter l’intensité jusqu’au moment du drame. En termes d’écriture, de mise en place, d’enchainement, de rythme, de jeu des comédiens, cette scène est tout simplement parfaite. Le résultat de cet événement, c’est que Martha va être réduite en pièces et  va devoir vivre avec ce deuil, à sa façon. Les conséquences sont désastreuses et toutes ses relations vont en pâtir.

D’une part, il y a son mari, d’un soutien indéfectible, qui tente tout pour remettre son épouse sur pied ou, en tout cas, faire en sorte qu’elle aille mieux. Le problème de Martha est qu’elle intériorise absolument tout, elle ne s’ouvre pas aux autres et ne laisse rien transparaître. Elle fait comme si elle allait bien mais ça ne va évidemment pas, tout le monde le voit, tout le monde le sait. D’autre part, il y a sa mère qui, elle aussi, a vécu plusieurs drames mais sa fille et elle ne sont pas sur la même longueur d’ondes quant à la façon de faire face aux choses.

La suite, c’est la dégradation des relations et une tentative de renaissance, un peu maladroitement et lourdement illustré via la symbolique de la pomme, fruit défendu et d’abondance. C’est d’ailleurs l’un des seuls reproches à faire au film, son manque de finesse quant à l’utilisation des symboliques métaphoriques. Car pour le reste, c’est du solide voire très très solide. L’intensité et l’émotion suscités ont déjà été abordés mais il faut également souligner la façon dont tout cela est accentué par la magnifique musique écrite par Howard Shore.

Le casting est saisissant et ne fait jamais aucune fausse note. On retrouve d’abord toute une série de seconds rôles géniaux incarnés par Sarah Snook (de la série SUCCESSION), Benny Safdie (plus connu pour ses réalisations comme GOOD TIME ou encore UNCUT GEMS) et la légende Ellen Burstyn. Au niveau des rôles plus importants,  on retrouve tout d’abord Molly Parker dans le rôle d’une sage-femme qui doit avoir les reins solides et,  Shia LaBeouf dans celui de Sean, le mari de Martha. Enfin, parlons de Vanessa Kirby. Si elle a pu se faire remarquer grâce à son rôle dans la série THE CROWN et aux films MISSION IMPOSSIBLE FALLOUT ou HOBBS & SHAW, elle va désormais exploser grâce à cette prestation toute aussi incroyable que difficile dans ce PIECES OF A WOMAN.

Kornél Mundruzcó réussit ici un nouveau tour de force. Il a fait forte impression lors de cette Mostra de Venise et il serait incompréhensible, au vu du reste de la sélection jusqu’à présent, qu’il reparte sans aucun prix.

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A propos de l'auteur

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.