Equipe: Maxine Peake, Mike Leigh, Neil Bell, Rory Kinnear
Durée: 154‘
Genre: Drame historique
Date de sortie: 16/01/2019
Cotation: oo (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Un film sur le massacre de Peterloo le 16 août 1819, une manifestation pacifique qui s'est terminée par plusieurs morts.

Notre critique:

Mike Leigh tournant à peu près tous les quatre ans, c’était avec curiosité qu’on l’attendait avec le successeur de MR TURNER, film qui avait permis à Timothy Spall de remporter le prix d’interprétation masculine à Cannes il y a quelques années. Cette fois ci, Leigh s’intéresse à un massacre important dans l’histoire d’Angleterre, celui de Peterloo, venant de la contraction entre Waterloo et Peter’s Field, l’endroit où a eu lieu le massacre. Comme cela s’est déroulé quelques années après la victoire de Wellington à Waterloo, la presse a trouvé la dénomination de Peterloo adéquate pour exposer avec virulence les événements qui se sont déroulés lors de cette manifestation.

Le film démarre avec Joseph, un jeune garçon officiant au clairon lors de la bataille de Waterloo en 1815 et se poursuit avec son retour du côté de Manchester. A cette époque, les récoltes furent mauvaises et la politique anglaise a voté des lois interdisant l’import de céréales ce qui a contribué à une montée des prix des denrées de première nécessité comme le pain. La politique anglaise est principalement menée par les Lords un peu selon leurs désirs et envies. Il n’y a guère de séparation des pouvoirs, le pouvoir juridique étant à la solde de l’exécutif/législatif. Les rassemblements de citoyens dans la misère augmentent. Ils veulent réformer le système, obtenir le suffrage universel, avoir un représentant pour Manchester au Parlement, … Tout cela ne plait évidemment pas au pouvoir en place qui voit le tout d’un très mauvais œil.

Avec PETERLOO, Mike Leigh veut montrer comment le peuple du nord de l’Angleterre a voulu reprendre ses droits en main, comment l’exaspération est montée et comment les pensées ont évolué. Il expose aussi les coulisses du pouvoir, la façon dont les autorités et les magistrats ont utilisé cela pour contrecarrer les plans des citoyens pourtant pacifiques et ont conduit au massacre de nombre d’entre eux.

Si la reconstitution des décors et costumes est une fois encore sublime, et que certaines joutes verbales sont particulièrement succulentes, les intérêts de PETERLOO s’arrêtent là. Malheureusement, si ce ne sont quelques débats, tout ceci n’est guère intéressant. C’est même très vite fort ennuyant car très répétitif, très long et sans beaucoup de nuances. Le film raconte vraiment la période qui a mené au massacre et se conclut par ce dernier. Le massacre en lui-même est éloquent et d’une tristesse dramatique mais, pour arriver à ces vingt dernières minutes, il faut se taper deux heures à deux heures dix de film, de blabla incessants et interminables et de très peu d’évolution, tant dans le fond, que sur la structure même du récit.

Mike Leigh a du talent, c’est à n’en pas douter, mais le résultat de PETERLOO n’est clairement pas au seuil des attentes. Ses intentions sont bonnes mais ne suffisent pas à dynamiser le film qui peine fameusement. L’ensemble paraît terriblement laborieux et ne parvient jamais à s’élever si ce n’est dans son dramatique final.

A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.