Titre français: Pauline & Paulette

Equipe:
Durée: 78‘
Genre:
Date de sortie: 26/06/2001
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Pauline n'a pas toutes ses frites dans le même paquet. Pauline a la meringue molle. Pauline a un corps de 66 ans et un esprit de 4. C'est sa soeur aimée, Martha, qui s'occupe d'elle au petit village de Lochristi. Lorsque Martha décède inopinément, son testament stipule que Pauline devra être prise en charge par l'une de ses deux autres soeurs, Paulette et Cécile, si ces dernières souhaitent bénéficier de l'héritage qu'elle leur lègue. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, et en précisant que cela ne sera que temporaire, c'est Paulette qui accueillera Pauline. Ca tombe bien, Pauline adore Paulette car Paulette c'est la reine de l'opérette.

Notre critique:

Voici à nouveau un film au centre duquel se trouve un personnage d’handicapé mental. Nous avons tous en tête RAIN MAN et LE HUITIEME JOUR, dans lesquels la personne handicapée servait de révélateur à un personnage « normal », qui prenait conscience au contact de la différence de la vacuité de ses valeurs. A des degrés divers, le bon handicapé réinvestissait de sens la vie du mauvais « normal ».

Dans PAULINE ET PAULETTE, ce manichéisme sentimental quasiment rousseauiste (l’idée du bon sauvage vs le méchant civilisé) est totalement évacué, ou presque. Il ne s’agit pas ici de voir comment les gens « normaux » vont accepter et intégrer positivement dans leur quotidien la présence de Paulette, donc du handicap mental. C’est à ce point vrai que l’on se demande un moment où veut en venir le réalisateur. Et c’est là que le film révèle son véritable propos: la vieillesse. Ce qui est intéressant dans PAULINE ET PAULETTE, ce n’est pas tant le handicap de Pauline que son âge et celui de Paulette. Lieven Debrauwer aborde l’angoisse liée au vieillissement et à sa terrible compagne, la solitude. Cette peur est au-delà de leur goût discutable pour l’opérette, véritable point commun entre Pauline et Paulette. C’est cette peur qui, indiscutablement, nous touche car, quel que soit notre âge, confusément, elle est aussi la nôtre.

On saura gré au réalisateur d’avoir traité la chose avec délicatesse et respect. Délicatesse dans les idées qui ne sont jamais explicitées ou théorisées, et respect des personnages auxquels il évite le piège de la caricature. Ce respect des personnages se traduit également par un jeu d’acteurs d’une rare pertinence. Les trois soeurs et les personnages secondaires (excepté celui d’Albert) sont traités avec une réelle équité qui nous les font sentir proches, comme des voisins, malgré les traits assez typés dont le scénario les a doté.

Dora Van Der Groen joue Pauline avec une justesse dont le seul équivalent est celle de l’interprétation de Leonardo DiCaprio dans WHAT’S EATING GILBERT GRAPE.
PAULINE & PAULETTE est un film à la fois kitsch et tendre, vaguement mélancolique, qui mérite fortement d’être découvert.

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Journaliste