Titre français: ORGAZMO

Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 29/06/1999
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Joe Young, prototype du jeune acteur influençable, est engagé par un producteur de porno peu scrupuleux, l'infâme Maxxx Orbisson. Ce dernier transforme sa recrue en star. Il lui fait endosser le rôle de Captain Orgazmo, un super-héros kitsch qui vainct les méchants grâce à son orgazmator, un pistolet dont les effets ne sont pas sans nous rappeler ceux d'une petite boîte inventée par un dessinateur italien, Manara (Le déclic). Mais la réalité dépasse souvent la fiction: l'orgazmator existe bel et bien, et Joe devra l'utiliser pour se débarrasser d'une bande de malfrats...

Notre critique:

THE PEOPLE VS. LARRY FINT et BOOGIE NIGHTS: deux films, deux succès, d’estime en tout cas. Dans le premier, Milos Forman romance la vie de Larry Fint, un tâcheron insupportable qui crée fin des années 60 un des magazines pornos les plus connus: Hustler. BOOGIE NIGHTS, lui, est moins provocateur, plus humain. Paul Thomas Anderson, qui réalise et écrit son deuxième film seulement, raconte la montée et la décadence d’un jeune naïf au bel organe dans le milieu du cinéma pornographique.
Si on vous dit qu’en coulisses, on parle d’une biographie de Linda Lovelace, la star de DEEP THROAT, vous aurez compris: en 1997, un nouveau genre est né, une glace s’est brisée. On parle désormais du porno au cinéma, et, surtout, on ne l’associe plus forcément à la débauche et au vice. Comme tout phénomène de mode qui se respecte, ce courant de films qui parlent des films X entraîne derrière lui une série de productions indépendantes, tantôt nullissimes, tantôt délirantes. C’est dans cette dernière catégorie que se classe ORGAZMO.

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Aux commandes, Trey Parker, un dissident de Troma Film, la boîte frappadingue créée par Lloyd Kaufman. Parker a tourné pour eux CANNIBAL: THE MUSICAL, un titre prometteur! A n’en pas douter, il en a gardé des séquelles. On retrouve en effet dans ORGAZMO (dont il est scénariste, réalisateur et dans lequel il joue) un esprit typiquement Troma. A savoir: du sexe, du délire, de la castagne et des personnages bien cons!

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ORGAZMO mélange avec bonheur le film de super-héros et la comédie lourdingue. Même si le scénario est absurde et sans grande originalité, Parker réussit à nous communiquer son plaisir. Il maintient un rythme effréné, parsème le tout de running gags hilarants et réussit, pendant une heure trente, à se renouveler sans cesse. Et c’est là le principal atout: on ne s’embête pas une seule seconde, on marche à fond dans cette pitrerie jubilatoire. Il met en scène une galerie de personnages attachants. Il les caricature à l’extrême, grossièrement, mais avec cette petite tendresse qui les sauve du néant.

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Sa seule ambition est de nous éclater les zygomatiques, et à ce niveau-là, pas d’inquiétude, on en a mal aux gencives à la fin de la projection… Alors, à quoi bon bouder son plaisir? Comme dit un proverbe chinois: « un bon rire gras vaut bien un fromage, et ça fait moins de tort au cholestérol ».

A propos de l'auteur

Journaliste