Equipe: Kristin Scott Thomas, Nicolas Winding Refn, Ryan Gosling, Vithaya Pansringarm
Durée: 90‘
Genre: Thriller
Date de sortie: 21/05/2013
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Thaïlande. Julian et son frère Billy organisent des matches de boxe Thaï qui couvrent des trafics de drogue. Mais Billy, après avoir violé et tué une jeune prostituée de 16 ans, se fait tabasser à mort par le père de la jeune fille...

Notre critique:

Avec ce nouveau film présenté en compétition à Cannes, Nicolas Winding Refn propose plus un trip Lynchéen (les ambiances rappellent BLUE VELVET ou TWIN PEAKS) dans lequel les paroles ne sont là que pour la sonorité du film et où les images servent à elles seules à créer toute la tension palpable depuis la première à la dernière minute du film.

Si le point de départ est simple, les personnages de ONLY GOD FORGIVES sont enfermés dans des attitudes et des vies complexes, prisonniers d’eux-mêmes (les cadres qui se retrouvent presque dans chaque image autour des personnages en sont les murs) et de leurs émotions qu’ils ne laissent pourtant pas paraître. Ainsi, Julian est prisonnier d’une mère abusive et vulgaire, et résoudra son oedipe au final dans une scène mémorable tandis que Chang, flic psychotique, est prisonnier et victime de son amour pour sa toute jeune fille qu’il veut protéger contre tout et contre tous.

Ces deux êtres vont se confronter et s’affronter jusqu’au bout d’abord au travers des regards de leurs proches, puis ensuite dans un combat sado-masochiste et enfin dans une scène castratrice mettant bien en évidence les rapports difficiles de Julian avec le monde qui l’entoure.

Ryan Gosling, le double comédien de Nicolas Winding Refn, plutôt monolithique (et c’est le seul bémol du film) laisse la place à une Kristin Scott Thomas absolument stupéfiante (qui mériterait d’ailleurs un prix d’interprétation) en mère castratrice, matrone abusive, chef de famille à la vulgarité presque masculine et à Vithaya Pansringarm, mystérieux flic chantant, violent et sans pitié.

Si la violence n’est pas le sujet du film, elle est pourtant bien présente dans des moments gore à souhait (qui rappelle presque du Mario Bava par les couleurs utilisées) qui viennent soutenir cette histoire de vengeance classique. ONLY GOD FORGIVES va assurément diviser les foules, certains y voyant sans doute de la gratuité et de la poudre aux yeux, d’autres une formidable descente aux enfers dans un trip de mise en scène halluciné. De beaux débats en perspective… Vive le cinéma!

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A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...