Titre français: About Endlessness

Equipe: Lotta Forsberg, Roy Andersson, Stefan Karlsson, Tatiana Delaunay
Durée: 76‘
Genre: Drame
Date de sortie:
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Une réflexion sur la vie humaine dans toute sa beauté et sa cruauté, sa splendeur et sa banalité. Les moments sans importance revêtent la même signification que les événements historiques: un couple flotte au-dessus d'une Cologne déchirée par la guerre; sur le chemin d’une fête d’anniversaire, un père s’arrête pour attacher les lacets de sa fille sous une pluie battante; des adolescentes dansent devant un café; une armée défaite se dirige vers un camp de prisonniers de guerre.

Notre critique:

Roy Andersson est de retour sur le Lido après y avoir remporté le Lion d’Or en 2014 pour A PIGEON SAT ON A BRANCH. Avec ABOUT ENDLESSNESS, il s’intéresse à la vie, sa banalité, son absurdité, sa beauté, sa cruauté et plein d’autres adjectifs terminant par « té ». C’est une réflexion et proposition singulière qui dénote largement de la majorité de la production cinématographique mondiale mais n’est pas sans rappeler le cinéma scandinave.

ABOUT ENDLESSNESS, c’est un ensemble de sketches qui font ressentir diverses émotions et sensations aux spectateurs. La tendance va aux sketches humoristiques mais ce n’est pas le seul genre illustré ici. Le fil rouge se situe au niveau de l’absurde de la plupart des situations vécues par les personnages dans le film. Pour le reste, c’est à peu près tout. Les personnages n’ont pas de lien entre eux, il n’y a pas vraiment d’histoire générale. Seul un personnage revient à l’occasion de 3 ou 4 sketches. C’est prêtre en train de vivre une crise de foi, ce qui le bouleverse terriblement. Plus qu’un gagne-pain, c’est un choix de vie, une philosophie. Ce n’est pas un choix de carrière comme un autre puisqu’il requiert une véritable vocation. Perdre la foi est donc problématique et… parfait pour réaliser quelques sketches. Le reste est plus ou moins du même acabit.

ABOUT ENDLESSNESS est une oeuvre qui se vit plus qu’elle ne se raconte. C’est vraiment difficile de poser des mots sur ce film original et surprenant car il ne rentre dans aucune case. Les sketchs montrés sont très courts, tout comme le film (1h16). Il s’agit donc plus d’un enchainement de saynètes limite surréalistes qu’un d’un film à sketchs comme on l’entend généralement.

Le minimalisme et la pureté de la mise en scène, des décors, donnent cette ambiance si particulière. Une certaine légèreté plane, une certaine douceur également. C’est une petite parenthèse dans un monde fou qui se délecte avec joie. On sourit, on rit beaucoup. Roy Andersson est à part et son cinéma fait tellement du bien qu’on aimerait qu’il reste encore longtemps.

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A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.