Equipe:
Durée: 86‘
Genre:
Date de sortie: 12/08/2003
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

La corvée des courses sur le dos et sa fille Cerise de 4 mois dans les bras, en papa poule exemplaire, Martin s’occupe des derniers achats avant le départ en vacances de toute sa petite famille. Alors qu’il est occupé à arpenter les rayons du supermarché, le voilà qui se retrouve nez à nez avec Constance son ex-amour de jeunesse, elle aussi flanquée de ses deux marmots Si elle semble ravie de ces retrouvailles inopinées en insistant lourdement pour lui rendre visite dans sa maison de campagne, en revanche lui n’a pas l’air pressé de sortir le gilet pare-balles et le casque de sécurité pour la présenter à sa femme Ariane, déprimée suite à son accouchement et surtout jalouse comme un pou. Pourtant quelques jours plus tard, tranquillement installé avec femme et enfant dans sa résidence champêtre, Martin voit subitement débarquer Constance avec mari, mômes et 4x4 à 60 plaques. Alors que la tribu semble décidée à s’incruster, des vieux amis de passage déboulent eux aussi à l’improviste.

Notre critique:

20, 30, 40, 50 ans et plus, on a beau s’en défendre mais pour toutes les décennies, le cap n’est pas toujours facile à amorcer et la petite crise et les grosses questions ont la fâcheuse tendance à venir pointer le bout de leur nez. Pour son troisième long métrage le réalisateur Benoît Cohen a décidé d’épingler et de se concentrer sur les moeurs et les tracas d’une génération qu’il connaît bien pour en faire partie, à savoir les trentenaires: Cette tribu qui tente désespérément de s’accrocher à sa jeunesse et à sa liberté qui fout le camp alors qu’ils se retrouvent coincés à patauger entre des enfants pas toujours faciles à assumer et des sentiments confus et difficiles à maîtriser. Fidèle à la douceur et aux paysages ensoleillés de l’Aveyron mais aussi à sa bande d’amis acteurs avec en prime quelques petits nouveaux (dont Romane Bohringer plus radieuse que jamais), il signe ici un film choral en forme de chronique burlesque, cynique et touchante dont la réussite doit beaucoup à la joyeuse troupe qui le compose.

Sans jamais se prendre au sérieux ou tomber dans la parodie facile et les clichés malvenus, NOS ENFANTS CHERIS, croque avec délice un portrait de groupe certes parfois un peu caricatural mais qui sent tellement le vécu qu’il en arrive à nous renvoyer à nos petites faiblesses et nos grosses émotions avec beaucoup de drôlerie et de tendresse. Il faut dire que Benoît Cohen a le chic pour nous brosser les caractères de ses personnages en trois plans et deux répliques et que les comédiens formidablement naturels et en symbiose complète n’ont pas leur pareil pour rendre le tout terriblement attachant. Une mise en scène fluide, des relations qui s’enchaînent et des répliques qui fusent et font mouche rendent la mécanique efficace même si il arrive parfois que le tout vire un peu à la facilité façon sketchs de sitcom, mais toujours dans la bonne humeur sans que jamais aucun des protagonistes ne soit oublié en route.

Entre petites remarques, mesquineries et vérités, ces retrouvailles entre anciens copains qui tournent au vinaigre et à la soupe à la grimace, nous tendent un miroir grossissant où l’on se retrouve et où les vieilles connaissances ne sont jamais bien loin. Le pote dragueur, la copine célibataire qui étrenne son nouveau jules, on les a tous déjà rencontrés. Quant à la partie de carte qui dégénère, la corvée de courses ou les siestes dérangées par les cris du bébé du couple beauf sympa, on a tous connu ça. Sur un ton volontairement léger et grinçant, NOS ENFANTS CHERIS nous rappelle tous ces petits riens qui font les choses de la vie, on s’y amuse beaucoup et y rit de toutes les couleurs. Malgré un petit bémol sur une fin plutôt bancale, il serait dommage de bouder le plaisir que nous procure cette comédie estivale agréable et jubilatoire comme un petit verre de rosé bien frais en cette période caniculaire.

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Journaliste

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