Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 18/03/1997
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

NORMAL LIFE ou la quête désespérée du rêve américain. Un rêve américain passé sous les objectifs déformants de John MacNaughton, le réalisateur culte de HENRY: PORTRAIT OF A SERIAL KILLER. Il nous plonge dans l'univers de Chris et Pam, des désaxés pas si éloignés de nous, qui vivent une passion torride et dangereuse.
Chris est policier. Il est appliqué, sérieux et honnête. Il rencontre Pam, dont la beauté et le charme n'ont d'égal que sa folie. Chris est amoureux. Il ne vit plus que pour sauver Pam, et mener avec elle, une "vie normale". Ce qui va l'entraîner, bien malgré lui, à découvrir sa propre face cachée...

Notre critique:

Tragique MacNaughton. Il enferme ses personnages dans un destin inéluctable, terrible. Avec froideur et beaucoup d’habileté, le réalisateur condamne toutes les portes de sortie, les unes après les autres. Pourtant, Chris et Pam auront tout essayé: cure de désintox, reconversion, etc. Rien à faire. L’idéal américain ne leur est pas accessible. Parce que c’est ainsi. Parce que peut-être, cet idéal n’existe plus.

Sensible MacNaughton. Il les aime, ses héros. Il les cadre en plein, les regarde vivre, s’aimer, se disputer. Se détruire. Il y a une sensibilité et une vérité qui font mouche, dans tous les plans. Nous vivons les instants de folie de l’insaisissable Pam. Ses déceptions et ses frayeurs. Nous vivons comme elle, à 100%. On s’éclate la tête à coup de hard rock inaudible. Ou en regardant les étoiles. Chris est emporté par la sensualité de cette tornade blonde. Et nous luttons à ses côtés pour échapper aux dettes et aux crises hystériques de sa femme. Mais nous sombrons comme lui, face à la fatalité.

Adroit MacNaughton. Il navigue habilement entre les pièges tendus par un scénario à la Bonnie and Clyde. Qu’il évite, justement. Pas question de jouer sur le suspense, ou sur une action débridée. Ce n’est d’ailleurs pas son genre. Lui, il préfère les scènes de la vie de tous les jours, qu’il nous balance façon reportage, sans fioriture aucune. Et on souffre, parce que ce n’est pas un tendre. Il distille une atmosphère glauque et électrique. Un peu à la Ferrara dans BAD LIEUTENANT. Il reste fidèle à lui-même jusqu’au bout: pas de concessions, pas d’envolées morales ou symboliques. MacNaughton, lui, filme notre monde. Il ne fait pas du « cinéma ».

Et puis, il y a le choix des comédiens. Ce n’est certes pas un hasard, si on retrouve Ashley Judd (la femme de Val Kilmer dans HEAT, la sulfureuse Callie dans THE PASSION OF DARKLY NOON) et Luke Perry (BEVERLY HILLS 90210). Contrairement à leur image d’américains propres et nets, les voici interprétant des personnages à la dérive, complexes, prisonniers d’un mécanisme fou et d’une passion démesurée. Grâce à eux, Chris et Pam sont là, sur l’écran. Dans nos coeurs.

NORMAL LIFE percute. Cri de colère, cri d’amour: il ne laisse pas indifférent. C’est le premier choc de l’année. Le vrai, celui qu’on n’oubliera pas de sitôt. C’est un film où l’émotion transpire à toutes les images. Un film qui vous étreint le palpitant, du début jusqu’à la fin.

A propos de l'auteur

Journaliste