Titre français: Night Watch

Equipe:
Durée: 115‘
Genre:
Date de sortie: 27/09/2005
(cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

En 1342, en Russie, une trêve est conclue mettant fin au conflit entre les Forces de l'Ombre et les Forces de la Lumière. De nos jours, à Moscou, les Autres sont chargés de maintenir la paix. Mais une ancienne prophétie menace ce traité précaire: la crainte qu'un Autre bascule dans le camp opposé et entraîne la race humaine à sa perte...

Notre critique:

Présenté comme « le MATRIX russe », NIGHT WATCH est une grosse pochade, mêlant un peu de pittoresque slave à beaucoup de blockbuster à l’américaine. Passé une mise en place plutôt drôle (des guerriers médiévaux, goules et sorcières sont transposés dans la Russie actuelle, déglinguée et mal remise de sa bureaucratie passée), on est rapidement assailli par une surenchère de bagarres et de cascades entre créatures surnaturelles gonflées à coups d’effets informatiques.

Cela revient à se faire une projection accélérée de copies pirates des MATRIX, LORD OF THE RINGS et de la série BUFFY doublés en russe. Comique au départ, mais vite lassant, NIGHT WATCH devient carrément dérangeant lorsqu’ apparaissent à l’écran les marques des divers bailleurs de fonds qui ont permis une telle débauche de moyens.

Le placement de produit n’est déjà pas une pratique élégante, mais dans NIGHT WATCH, elle est carrément obscène. Ah ça le Russe c’est peut-être dépaysant, mais les pack-shots nous ramènent rapidement dans le terrain connu de notre consommation courante: ici une grande marque de GSM, là un célèbre café, et plus insidieux, Fox, le distributeur international, écoule son catalogue de films et séries dans les télévisions figurant à l’écran.

On en vient vite à se demander si l’histoire et la réalisation ont encore une utilité quelconque.

Serait-ce donc ça l’achèvement ultime du cinéma russe? Consacrer un des plus gros budgets de son histoire pour prouver qu’on peut non seulement égaler les blockbusters américains mais aussi les dépasser en bêtise et en mercantilisme vulgaire.

Pourquoi s’en soucier puisque le succès est déjà planétaire?

A propos de l'auteur

Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.