Equipe:
Durée: 190‘
Genre:
Date de sortie:
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Après JFK, Oliver Stone nous présente NIXON, ou l'histoire de ce président corrompu, manipulateur, tour à tour humilié, ressucité et puis finalement écrasé.

Notre critique:

On associe surtout Nixon à la terrible affaire du Watergate, mais on oublie souvent que c’est sous sa présidence qu’a pris fin la guerre du Vietman. Le destin de cet homme est non seulement particulièrement hors du commun, mais également teinté d’ambiguïté. Bref, un sujet délicat, provocateur à souhait et par conséquent rentable (il suffit de se pencher sur les récentes productions américaines pour s’en rendre compte). Cela ne pouvait qu’attirer le réalisateur de TUEURS NES.

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L’interprétation d’Anthony Hopkins est r-e-m-a-r-q-u-a-b-l-e. Il joue un homme brimé, enfermé dans le cercle vicieux de l’humiliation et de la rancoeur, un registre qui oscille constamment entre le salopard et la victime. C’est certainement le meilleur rôle d’Anthony Hopkins depuis Hannibal Lecter. En outre, il est servi par la performance irréprochable de Joan Allen, qui interprète sa femme, et par une poignée de seconds rôles particulièrement prestigieux: Ed Harris, James Wood et Bob Hoskins, pour ne citer qu’eux.
Malheureusement, tout ce beau monde n’arrive à nous faire oublier ni la répétitivité du scénario, ni la couche de surenchère « stonienne » (vous savez, celle qui colle aux dents quand on sourit) qui s’épaissit à un rythme effréné tout au long du film. Car il en remet, Oliver Stone. Après une heure, on a l’impression d’avoir fait le tour des personnages: et c’est vrai ! Les situations se ressemblent, il n’y a aucun crescendo dans l’action: on tourne en rond !

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Tout s’articule autour du personnage de Nixon, habilement controversé par le cinéaste, qui pratique ici un véritable culte de l’ambiguïte. Et, à force de ne pas prendre position, il nous lasse. Toutes ses techniques, aussi maîtrisées soient-elles – le montage alterné noir et blanc-couleur, les effets sonores, le montage, tout renforce cette absence d’avis ou plutôt cette volonté de provoquer sans s’impliquer directement.

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Ce qui reste, c’est un long, très long film de trois heures, intéressant du point de vue historique (et encore, où est la part de réalité et de romance?), quoiqu’assez difficile à suivre si vous n’avez pas au préalable une connaissance des faits et personnages évoqués. Le film est servi par des acteurs au sommet de leur art, mais il est lourd, mathématique et sans âme.

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Journaliste