Equipe:
Durée: 105‘
Genre:
Date de sortie: 14/12/2004
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Pour faire plaisir à sa femme Pamela qui en a plus qu'assez d'avoir en guise de mari, un ahuri dont les contrats d'embauche n'excèdent pas la poignée d'heures quel que soit l'employeur, Gus a décidé de "bouger son cul". Il faut dire que Gustave Klopp, grand gaillard à la panse abdominale bien rebondie, souffre d'un petit vice de fabrication: La narcolepsie, une maladie peu commune et pas des plus pratiques pour mener une petite vie simple et tranquille. A table, dans la rue, au boulot, bref à peu près n'importe où et surtout n'importe quand, Gus s'endort brutalement et inopinément. Puisque pendant ses fréquentes crises de sommeil, il s'imagine en super-héros invincible et vengeur, Gus a donc décidé de faire de ses incroyables aventures rêvées, une véritable bande dessinée. Evidemment à l'annonce de cette "lumineuse" idée, Pam ne saute pas vraiment au plafond. Heureusement, Gus qui a aussi entamé une thérapie de groupe peut compter sur la compréhension de Samuel Pupkin son psychothérapeute et le soutien indéfectible de son meilleur ami, Lenny Bar, autoproclamé plus grand fan de Jean-Claude Van Damme et futur meilleur karatéka du monde après JC bien sûr!

Notre critique:

Ami(e) assidu(e) des salles obscures en ces temps discutables où l’on nous vend un film comme un vulgaire sachet de soupe en poudre au travers d’un teaser strombinoscopique ou d’une bande annonce pétaradante, il y a fort a parier que celle de NARCO ait interpellé le coin de tes rétines. Couleurs léchées et clinquantes, plans stylés avec grosses références affichées, dialogues déjantés et casting « appel du pied », le tout au service d’un pitch alléchant et décalé, bref tout a été savamment étudié pour te faire saliver jusqu’à la date fatidique de la sortie annoncée. Fils de pub et faiseurs de clips, il faut bien avouer que Gilles Lelouche et Tristan Aurouet ne sont pas nés de la dernière pluie dans l’art et la manière de vendre et convaincre leurs troupes en deux coups de cuillères à pot. Seulement voilà tout cinéphile rusé et surtout échaudé par de trop nombreuses fausses joies, a appris à se méfier de ces 3 minutes censées annoncer le futur chef d’œuvre ou nanar de l’année.

Nourris à la série B, aux bandes dessinées et au meilleur du cinéma de genre, à l’instar des frères Poiraud, pour leur premier long les deux cinéastes ont comme qui dirait, mis dans leur film tout ce qu’ils aiment avec l’envie manifeste de faire partager au plus grand nombre leur plaisir à mélanger déconne et cinéma. Si leur film a en commun avec ATOMIK CIRCUS, cet attachement moqueur pour les loosers et le rêve américain décalé, cette esthétique façon comic book et surtout cette volonté de faire péter les coutures traditionnelles du cinéma français, il en a aussi les gros défauts notamment côté scénario. Avec une première demi-heure sur les chapeaux de roues, plutôt bien troussée et amusante, on se dit que NARCO va peut-être bien arriver à transformer en succès les différentes tentatives avortées dans le domaine de la comédie française décalée. Il est vrai que la narcolepsie de Guillaume Canet (transformé pour l’occasion en Big Lebowski franchouillard) est le prétexte pour les deux réalisateurs de s’en donner à cœur joie dans l’artillerie visuelle (rêves délirants en forme d’hommages cinéphiles).

Seulement voilà, passé cette agréable et appétissante mise en bouche, alors que l’on attend impatient que du solide et du consistant viennent nous émouvoir et nous secouer, on comprend vite mais un peu trop tard que l’on s’est fait piéger. Avec son casting 5 étoiles plein de bonne volonté, ses dialogues acérés, ses gimmicks « poelvoordisés » et son trop-plein de références ciné, NARCO fonctionne principalement au bluff et à l’épate. Quelques jolies trouvailles visuelles et deux ou trois scènes amusantes n’arrivent malheureusement pas à nous faire rentrer dans les aventures à dormir debout de Gus ni à nous attacher à son petit monde allumé. Avec un sujet pourtant en or et permettant tous les excès et délires, NARCO s’embourbe rapidement dans le bancal, l’inepte voire parfois même l’inexistant. Beaucoup de bruit et de remue-ménage pour pas grand chose en somme ou plutôt si, un formidable gâchis foutraque.

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Journaliste

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