Titre français: Le Mariage de mon Meilleur Ami

Equipe:
Durée: 105‘
Genre:
Date de sortie: 07/10/1997
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Julianne, jalouse comme un tigre, ne veut pas que son meilleur ami Michael épouse la très jeune Kimmy .

Notre critique:

Pour son deuxième long métrage, l’australien P.J. Hogan, le réalisateur de l’excellent MURIEL’S WEDDING, traverse le Pacifique pour une comédie made in Hollywood qui ne lui réussit pas. Sa mise en scène pétillante de comédie musicale rose bonbon est toujours bien présente. Mais son anti-conformisme et son regard féroce ont dû se perdre pendant la traversée.

MURIEL’S… racontait l’émancipation pénible d’un boudin, fille d’un politicard véreux et soeur de quelques débiles. MY BEST FRIEND’S… nous emmène dans la haute société américaine où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Et puis riche. Et puis intelligent. A part quelques éclairs d’ironie noyés dans le sirop, cette histoire de mariage huppé nous interpelle autant qu’un épisode d’HELENE ET LES GARCONS. Dans ce monde hétéré où la déprime passagère représente le danger suprême, qu’a-t-on à faire de Julianne (Julia Roberts) qui veut empêcher son meilleur ami Michael (Dermot Mulroney) d’épouser Kimmy (Cameron Diaz)? Pas grand chose.

On s’en soucie encore moins lorsqu’on assiste, perplexe, à la prestation agitée de Julia Roberts supposée créer tout le rythme comique du film. Aussi belle qu’insipide, elle supporte difficilement la comparaison avec ses excellents camarades Dermot Mulroney, Cameron Diaz (gentiment enlaidie) et surtout Ruppert Everett, qui offre au film ses seules vingt bonnes minutes avec son attachant personnage d’homosexuel. (1)

Non pas que Julia Roberts soit une mauvaise actrice, mais il semble difficile de lui soutirer quelque chose d’intense autre que sa petite beauté. Seuls Robert Altman (dans PRET-A-PORTER) et Woody Allen (dans Everyone Says I Love You) y sont parvenus jusqu’à présent. P.J. Hogan, même s’il la fait courir dans tous les sens, a échoué. Et dans la foulée, il n’a pas réussi à faire dépasser à son MY BEST FRIEND’S WEDDING le stade de la comédie superficielle et vite oubliée.

(1) Ce genre de personnage est très rare à Hollywood: un homosexuel heureux, pleinement assumé, pas du tout caricatural, dont la présence n’implique pas que l’on traite du « problème » de l’homosexualité (pour autant qu’il y en ait un) ou du sida. Son apparition dans une comédie populaire à grande diffusion contribue vraisemblement à ébranler les idées reçues négatives de nombreux producteurs toujours peureux et conservateurs (cf THE CELLULOID CLOSET). Même si le film ne casse pas des briques, c’est une qualité importante. Rien que pour cela, on souhaiterait presque qu’il ait du succès…

A propos de l'auteur

Christophe Bruynix
Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.