Equipe:
Durée: 164‘
Genre: Drame historique
Date de sortie: 24/01/2006
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Munich, 1972. Les Jeux Olympiques. Une bande de jeunes palestiniens envahissent le village olympique la nuit. Ils sont armés et prennent en otage des athlètes israéliens. Se revendiquant du groupe terroriste Septembre Noir, ils exigent la libération de 200 prisonniers par Israël. Le monde est en effervescence et la résolution du drame se conclut dans le sang. Mais déjà Israël prépare sa vengeance...

Notre critique:

Quand l’homme de SCHINDLER’S LIST s’attaque à cette histoire de terrorisme anti-israélien, certains auraient pu craindre un certain parti pris, un biais de l’histoire au profit d’un message. C’est sans compter le talent d’un Steven Spielberg qui, non seulement est un réalisateur éclectique, mais aussi un conteur d’histoire intelligent.

Se jetant dans l’acte terroriste d’emblée, le récit de MUNICH est avant tout un pamphlet sans équivoque contre le terrorisme mais aussi contre la revanche. Si Spielberg laisse le spectateur se faire son opinion pro ou anti-israélienne, il ne laisse aucun doute sur le fait que la violence engendre la violence et que la réponse forte au terrorisme n’appelle qu’un nouveau terrorisme. Et si l’on en doutait, la réaction d’Israël dans les années 70, qui a déclenché une série de réponses violentes palestiniennes dans le monde, a de nombreux échos de nos jours. La fin du film en plan large sur les deux tours jumelles du World Trade fait un lien inévitable avec la réaction fatale de Bush
Si à l’échelle planétaire, la dénonciation est claire, elle l’est aussi à l’échelle humaine: le désastre humain général (avec ses nombreuses morts) est matérialisé dans la paranoïa finale d’un Avner au bord du gouffre de la folie.

Mais MUNICH est aussi un film à la mise en scène rigoureuse presque rigoriste, soignée jusque dans les moindres détails. Il est aussi très emprunt du réalisme façon années 70 que l’on retrouvait aussi dans THE DAY OF THE JACKAL (1973, Fred Zinneman) et qui lui confère une force étonnante.

L’intelligence de Spielberg a aussi été pour ce film de choisir une palette d’acteurs en dehors du star system hollywoodien. La seule ombre au tableau de cet excellent choix pourrait être le rôle principal d’Eric Bana qui reste très ordinaire et sans relief. Mais on peut aussi y voir l’illustration parfaite du choix du Mossad d’un homme ‘ordinaire’ pour un travail ‘extra-ordinaire’.

Bien sûr, certains pourront voir dans ce film une sorte d’écho ou de pendant de la Liste de Schindler mais MUNICH est avant tout un grand moment de maîtrise de cinéma par un réalisateur toujours aussi talentueux…

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...