Equipe:
Durée: 126‘
Genre:
Date de sortie: 25/09/2001
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Paris, 1899. Christian, jeune poète sans le sou, se laisse entraîner dans le monde décadent et surréaliste du Moulin Rouge...Sur sa route, il croise Satin, courtisane et superbe meneuse de revue du célèbre cabaret. Il en tombe éperdument amoureux et, grâce à elle, Christian se voit confier l'écriture d'une revue pour le cabaret. Le Duc, l’aristocrate qui finance le projet, a des vues sur Satin. En échange des fonds qu’il verse pour la création de ce fabuleux spectacle, il attend quelques faveurs de la jeune femme. Malheureusement pour lui, celle-ci aime Christian et elle a de plus en plus de mal à répondre aux attentes du Duc. Entre-temps, l’intrigue de la pièce que Christian rédige pour le Duc reflète l’histoire qui se déroule entre la meneuse de revue, l’aristocrate et l’écrivain.De son côté, le Duc utilisera tous les moyens possibles pour détruire l’amour qui lie Christian et Satin. Les amoureux quant à eux doivent prendre une grande décision : que sont-ils prêts à sacrifier au nom de l’amour ?

Notre critique:

L’homme orchestre Baz Luhrmann et sa disco-family sont de retour pour un spectacle visuellement pétillant et auditivement tétanisant. Après STRICTLY BALLROOM et ROMEO+JULIET, l’illuminé à l’imaginaire débridé va plus loin et signe avec sa dernière comédie musicale un revival pop et bigarré du Paris 1900. MOULIN ROUGE est une oeuvre lyrique, onirique, qui émerveille les sens !

MOULIN ROUGE est une boule à facettes dans le paysage cinématographique, un truc scintillant qui attire le regard et enflamme les oreilles. Musique…

Sur un montage serré, le film s’ouvre sur la capitale française en pleine effervescence : la fée électricité vient de s’emparer de la ville, l’architecture est en pleine mutation et le cancan (version big-beat Fatboy Slim) bat son plein dans un cabaret sulfureux. Luhrmann et son monteur Jill Bilcock nous immergent intégralement dans une atmosphère où le sexe, la musique et les boissons font main basse sur le monde. Plus qu’un discours, la mise en condition reflète des sensations, une émotion palpable d’un début de siècle plaisamment déliquescent. Tout au long du récit le montage va peu à peu ralentir et adopter le tempo des principaux personnages.

Donc, après un ébouriffant préambule, sorte de lavage de cerveau, nous faisons la connaissance des protagonistes. Assez bien dessinés, ceux-ci souffrent néanmoins de stéréotypes qui seront très habilement détournés par un metteur en scène maître de tous les éléments inhérents à sa fiction. Ainsi, il collera sur sa bande-son et sur le jeu de ses acteurs des attitudes cartoonesques : Kidman grimace, Broadbent surjoue, Roxbrugh délire, McGregor rigole… et nous avalons la couleuvre avec bonheur.

Si, du point de vue scénaristique, nous pourrions ergoter sur la linéarité du propos, Luhrmann se repose sur la simplicité et l’universalité du thème : l’amour, toujours l’amour. Et mieux vaut vivre une vraie histoire d’amour brûlante d’intensité, même si elle doit s’abréger dans des souffrances, que de ne pas connaître les feux de la passion. Dans la maestria générale qui baigne ce petit chef-d’oeuvre euphorisant, le casting rajoute quelques paillettes dans tout le strass de cet ensemble mirobolant . Nicole est parfaite, insufflant à son personnage toute la vigueur et le manque de tendresse qui l’emprisonne, elle a tout du Titi que l’on rêve de libérer de sa cage. Ewan McGregor est un bel amoureux transi qui sait parfaitement se faire oublier au profit de sa belle. Leur interprétation des titres rock et pop de ses trente dernières années joyeusement bidouillés par un Craig Armstrong de génie emballe tous les coeurs.

Gloire à Lurhman, réalisateur disco, conteur mirifique et visionnaire populaire !

A propos de l'auteur

Journaliste