Equipe: Christian Rivers, Hera Hilmar, Hugo Weaving, Jihae, Leila George, Robert Sheehan
Durée: 128‘
Genre: Film de science-fiction
Date de sortie: 05/12/2018
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Des centaines d’années après qu’un évènement apocalyptique a détruit la Terre, l’humanité s’est adaptée pour survivre en trouvant un nouveau mode de vie. Ainsi, de gigantesques villes mobiles errent sur Terre prenant sans pitié le pouvoir sur d’autres villes mobiles plus petites.
Tom Natsworthy - originaire du niveau inférieur de la grande ville mobile de Londres – se bat pour sa propre survie après sa mauvaise rencontre avec la dangereuse fugitive Hester Shaw. Deux personnages que tout oppose, qui n’étaient pas destinés à se croiser, vont alors former une alliance hors du commun, destinée à bouleverser le futur.

Notre critique:

Voici un projet qui suscite bien des envies depuis son annonce. La raison principale est la présence de Peter Jackson non pas à la réalisation, mais bien au scénario et la production. Le néo-zélandais a embarqué toute son équipe habituelle, dont la boite d’effets spéciaux Weta, pour se lancer dans l’adaptation de la saga littéraire pour ados, « Mortal Engines ». Pour ce faire, il a confié la réalisation du projet à Christian Rivers, un responsable des effets spéciaux de la plupart des films de Jackson. Un blockbuster de cette ampleur comme premier film, c’est un sacré challenge que Rivers a relevé avec brio.

MORTAL ENGINES se déroule dans un monde apocalyptique à tendance steampunk. Techniquement, ce n’est pas du steampunk puisque cela se déroule dans le futur avec des éléments du passé (alors que le steampunk est l’inverse) mais, esthétiquement, il y a pas mal de similitudes. Les villes telles qu’on les connaît n’existent plus. Désormais, elles sont mobiles, placées sur de larges mécanismes de locomotion, des chenilles, roues ou autres, c’est selon, en fonction de leur taille. Londres a traversé la Manche et sème désormais la terreur sur le continent. La mégalopole a besoin d’énormément de ressources afin de perpétuer sa survie, ce qui veut dire qu’elle englobe voire « avale » de petites villes. Le problème c’est que les autorités londoniennes, menées par Thaddeus Valentine, complotent quelque chose qui pourrait menacer la vie de millions de personnes. Hester Shaw pourrait contrecarrer leur plan, elle court donc un grand danger.

La première scène donne le ton. On voit une petite ville spécialisée dans le sel qui va être attaquée par Londres. La poursuite est haletante, passionnante, le look des villes étonne car il a beaucoup de gueule, les effets spéciaux sont impeccables. Bref, en quelques minutes, on fait connaissance d’un univers particulier qui semble très riche et dont on ne désire qu’une seule chose, l’explorer. C’est grâce à la rencontre entre Hester Shaw, une baroudeuse ayant vu du pays, et Tom Natsworthy, un jeune travaillant au musée de Londres, que les spectateurs vont être plongés dans cette ambiance étouffante, anxiogène. Les grosses villes, les petites, les rebelles, les no mans land, chaque décor est bluffant. Le travail réalisé par l’équipe du célèbre Dan Hennah (célèbre pour quiconque a écumé les making off du SEIGNEUR DES ANNEAUX et du HOBBIT) est d’une précision et d’un détail inégalables.

On se prend rapidement d’affection pour les différents personnages intervenants. D’un côté, il y a ceux de la ville, dont la fille de Thaddeus Valentine, Katharine (incarnée par Leila George, fille de Vincent D’Onofrio et compagne de … Sean Penn), tandis que de l’autre, il y a les rebelles, menés par la charismatique Anna Fang (Jihae). Bien entendu, c’est pour Hester Shaw et Tom Natsworthy que le public n’a que d’yeux. Le décalage entre les connaissances de l’un et l’autre en font un duo complémentaire qui a tout à fait les épaules pour porter le film. Leurs caractères très différents permettent d’embarquer tout le public avec eux dans leur quête ô combien difficile.

Mortal Engines

MORTAL ENGINES se révèle être une excellente surprise. La débauche d’effets spéciaux était à craindre, mais ce n’est pas le cas puisqu’ils sont sans aucun reproche, ce qui est loin d’être vrai dans tous les blockbusters. Tous les départements sont au service de l’histoire, classique mais très efficace, avec son lot de rebondissements. Il est porté par un fantastique duo de comédiens, l’islandaise Hera Hilmar et le jeune britannique Robert Sheehan, sans oublier la présence d’Hugo Weaving dans le rôle du méchant. Bref, Christian Rivers a réussi son pari, ses débuts en tant que metteur en scène, alors que c’était loin d’être gagné au départ.

A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.