Titre français: Morgane

Equipe: Anya Taylor-Joy, Kate Mara, Luke Scott, Rose Leslie, Seth W. Owen
Durée: 92‘
Genre: Film de science-fiction, Film d’'horreur
Date de sortie: 21/09/2016
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Lee Weathers, consultante externe en gestion de risques, vient auditer un laboratoire de la firme Synsect dans lequel est survenu un incident à la suite de l’étude et au développement d’un sujet de laboratoire de type L9, un être humanoïde synthétique.

Notre critique:

L’anticipation est un des genres les plus délicat à manipuler au cinéma comme en littérature. Il faut rester à la lisière du possible tout en explorant ce qui est définitivement de la science-fiction. Avec MORGAN, Luke Scott, fils de Ridley, n’a donc pas choisi une voie facile pour son premier film.

Et d’un point de vue de mise en scène, on ne peut que louer les talents de Luke qui s’en tire fort bien parvenant à rendre crédible à la fois les scènes d’extérieur en forêt et les scènes d’intérieur en laboratoire isolé, créant aussi un climat particulier dans les rencontres de Morgan avec ses créateurs et juges.

C’est plutôt d’un point de vue scénario que MORGAN pêche un peu par une trop grande facilité. Car qui y-a-t-il d’autre que le conte de Frankenstein dans cette anticipation soi-disant moderne? On y retrouve hélas que les grands poncifs du genre qui permettent d’ailleurs au spectateur lambda de comprendre les pseudo-mystères qu’on tente de lui cacher sous des couverts modernes (la gestion de risques par exemple).

Et malheureusement les personnages (hormis peut-être Morgane et Lee, et encore!) manquent cruellement de motivation, et les dialogues, au lieu de servir le sujet et de le faire pénétrer dans le 21e siècle, comme dans un EX-MACHINA (jamais sorti chez nous, honte sur le distributeur belge), ne sont là que pour platement continuer à nous délivrer le même message d’une expérience ratée que celle décrite, beaucoup mieux pour l’époque, dans le FRANKENSTEIN de James Whale en 1931.

Donc, hormis une qualité indéniable de mise en scène, MORGAN n’apporte rien de nouveau au panthéon de l’anticipation, de l’être synthétique et du cyborg ou de ses frères bio-ioniques malgré tout le charme (plutôt glacé) de Kate Mara (THE MARTIAN, FANTASTIC FOUR) et d’Anya Taylor-Joy dans les rôles principaux.

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A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...