Titre français: Le Mariage Des Moussons

Equipe:
Durée: 119‘
Genre:
Date de sortie: 26/02/2002
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Les Verma, famille aisée de New Delhi, met la dernière main aux préparatifs de mariage de Lalit. 4 jours de fêtes durant lesquels les conventions vont en prendre pour leur grade tandis que la mousson obscurci les cieux. C'est que sous les fastes de la fête baignée de danses et de chants, certains secrets se révèlent et risquent de briser l'ambiance.
Lion d'or, amplement mérité, au festival de Venise 2001.

Notre critique:

MONSOON WEDDING est le nouveau film de Mira Nair, réalisatrice indienne qui a fait parler d’elle dès son premier film, SALAAM BOMBAY.
L’intention avouée de la réalisatrice en développant ce film était de faire découvrir la communauté penjabi dont elle est issue, sa culture, sa ville principale (New Delhi), son sens de la fête. Intention aboutie puisque MONSOON WEDDING est un film éminement dépaysant dont on sort le coeur gonflé d’amour, de rires, de chants et de respect.
Pour nous mettre immédiatement dans le bain, Mira Nair a réalisé son film en s’inspirant du style Bollywood typique du cinéma indien et reconnaissable à son romantisme couvert de sucre et de chantilly, et à ses interventions chantées des plus incongrues. Effectivement, de romantisme MONSOON WEDDING en est pétri, de même que de chants et de danses. Et cela pourrait suffire à notre plaisir tant les images sont chatoyantes et d’une sensualité pénétrante. Particulièrement, les femmes indiennes montrées dans le film sont magnifiques, d’une beauté qui se situe au-delà de la stricte apparence physique. La beauté est là aussi dans les atours, les saris, les maquillages, les coiffures et plus encore dans les gestes empreints d’une grande majesté, alors que les situations sont on ne peut plus quotidiennes. Mais donc au-delà de l’attrait indiscutable des éléments bollywoodiens, Mira Nair investit les diverses intrigues de propos plus personnels, et certes discrets, sur le poids des traditions dans une Inde qui se modernise et sur la place de la femme dans la société indienne. Ces propos témoignent d’une société en mutation loin de l’image misérabiliste qu’en donnent le plus souvent les médias. Attention, Mira Nair n’essaye pas de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Elle ne nie pas les incommensurables problèmes économiques et sociaux qui minent l’Inde. Elle s’attache simplement à montrer qu’à côté des drames, il y a aussi la joie, les rires, l’envie de profiter de la vie. Et elle y parvient de fort belle manière. Sa caméra attentive capte avec le même bonheur la fébrilité des préparatifs de la fête, les troubles des protagonistes, ou le rythme trépidant de New Delhi. Grâce à sa mise en scène, la réalisatrice fait de nous des témoins privilégiés de la fête, à tel point que l’on a presque le sentiment d’y participer.
MONSOON WEDDING est un moment de cinéma gourmand, dépaysant et formidablement chaleureux.

Une question à l’attention de ceux qui iront voir (ont vu) le film. Ne trouvez-vous pas que l’acteur qui interprète l’organisateur de la fête, Dubey, a quelque chose d’un Benoît Poelvoorde. Vijay Raaz, le Poelvoorde indien! Le rapprochement est cocasse, non?

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Journaliste