Equipe:
Durée: 125‘
Genre:
Date de sortie: 11/03/2003
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Comment Napoleon, l'homme de toutes les batailles, le génial stratège politique et militaire, peut-il accepter de se soumettre à cet emprisonnement, en plein air, en pleine mer? Quel système de défense -donc d'attaque- imagine-t-il mettre en oeuvre pour desserrer l'emprise de ses geôliers? C'est à Sainte-Hélène, cette île hors d'atteinte choisie par ses ennemis, qu'il va livrer une mystérieuse bataille, la dernière mais la plus importante, celle que l'histoire n'a jamais révélée...

Notre critique:

D’Abel Gance à la récente saga télévisuelle destinée à doper l’audimat, le mythe et la légende napoléonienne n’ont jamais cesser d’inspirer les cinéastes et de faire tourner la tête de leurs caméras. Après son vampirique MORSURES DE L’AUBE qui n’avait pas convaincu la majorité, l’ex-trublion du tube cathodique, Antoine de Caunes, on ne sait trop pourquoi ni comment, a décidé de tenter un deuxième essai en s’attaquant à cet exercice de style périlleux et gonflé.

Avec à l’écriture le scénariste René Mazor à qui l’on doit notamment LE PASSAGE ou encore l’oubliable UN AMOUR DE SORCIERE, il y avait de quoi être un peu inquiet sur la question et le traitement du sujet. Pourtant ce dernier, en osant décoiffer de son bicorne l’illustre personnage, ne s’en sort pas si mal en s’autorisant à lui imaginer une fin autre que celle de l’Histoire officielle. Prenant justement comme prétexte les ombres qu’elle a pu laisser et abordant une période méconnue de la vie de l’empereur, MONSIEUR N. joue à multiplier les spéculations, les points de vue et les différents témoins pour semer le doute sur ses années de captivité et sa mort.

Ni didactique, ni biographique, ce film ressemble plus à un jeu de piste ou une enquête policière qu’à une reconstitution historique. Oui mais voilà, Philippe Torreton a beau avoir le mérite d’innover dans le port de l’uniforme et de nous épargner les clichés façon main sur le jabot, sachant tour à tour se rendre odieux, attachant ou fascinant, la bataille ne prend pas et reste figée. L’omniprésence d’une voix-off, les incessants aller-retour dans le présent et le passé et les trop nombreuses joutes verbales et aphorismes lancés comme des boulets de canon, ne nous aident malheureusement pas à se passionner pour l’aventure.

Si en bon et honnête exécutant, de Caunes réalise une mise en scène classique et scolaire à l’image léchée, son MONSIEUR N. n’apporte pas la puissance et le lyrisme que l’on est en droit d’attendre pour un sujet aussi ambitieux et excitant. Du coup on se met à rêver au Napoléon de Kubrick jamais réalisé et à espérer celui de Patrice Chéreau sur le point de se concrétiser. Le mystère reste entier.

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Journaliste

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