Equipe:
Durée: 110‘
Genre:
Date de sortie: 31/12/2002
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

C'est par la petite porte que Bastien a mis les pieds dans le PAF (paysage audiovisuel français) puisqu'il est chauffeur de salle pour une émission de télé au concept douteux et voyeuriste qui bat des records d'audience. Egalement assistant et surtout souffre-douleur de l'animateur vedette au sourire carnassier, le jeune homme est prêt à tout pour essayer de gravir les marches de la gloire de ce monde de moutons et de requins sur lequel règne le tout puissant et abject Jean-Louis Broustal, son idole et modèle. Contre toute attente, ce dernier daigne lui accorder un regard entre deux portes et va même jusqu'à lui proposer de passer un week-end dans sa maison de campagne afin de travailler sur un nouveau concept d'émission. Fasciné et sur un petit nuage Bastien accepte la proposition mais il va rapidement se rendre compte que les véritables intentions du grand manitou sont loin d'être celles qu'il imaginait.

Notre critique:

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais depuis quelques temps le « top tendance » pour tout bon acteur ou actrice français, est de sauter le pas pour aller faire un petit tour derrière la caméra (pour le meilleur mais aussi pour le pire) histoire d’offrir une auréole de respectabilité à leur nombril déjà surexposé. C’est aujourd’hui au tour de Guillaume Canet d’ajouter son nom à cette liste qui ne cesse de s’allonger. Empilant également pour l’occasion les casquettes de co-scénariste et même d’acteur, c’est entouré de sa propre compagne (Diane Kruger) et de l’excellent et trop souvent négligé François Berléand (rencontré lors de ses deux prestations chez Pierre Jolivet) que cet ancien jockey a décidé de relever le pari de mettre en selle cette histoire satirique et grinçante sur les turpitudes du petit monde télévisuel et les rapports de force et de pouvoir qui l’animent.

Visiblement nourri au riche et relevé cinéma de Chabrol ou encore celui des frères Coen, dopé par leur univers décalé et leur ton cinglant et délirant , MON IDOLE démarre donc sur les chapeaux de roues et nous entraîne dans une première heure surprenante et réjouissante. Malgré quelques traits burlesques un peu lourds et forcés, et l’énormité de certains effets comiques, la fable reste piquante et percutante. Du coup on savoure sans retenue les mésaventures de ce jeune arriviste tête à claques et naïf prêt à tout pour réussir dans l’univers cynique de la télé-poubelle y compris à assouvir les caprices malsains et les extravagances perverses d’un producteur odieux et lunatique en quête de sensations fortes.

Seulement voilà, conscient que sa farce commence à s’essouffler à mi-parcours, et pour tenter de relancer la machine et l’intérêt du spectateur, Guillaume Canet s’essaye à un virage vers la comédie noire et macabre qui rapidement fait dérailler le tout dans l’absurde et le grand-guignolesque ridicule et maladroit. Les artifices tape-à-l’œil et l’escalade de péripéties redondantes et anecdotiques ôtent toute pertinence et cohésion au sujet de départ qui finit par s’éparpiller dans un exercice de style lourdement mis en musique où les acteurs semblent faire de la roue libre. Dommage que son jeune conducteur soit parti trop vite et ait de fâcheux problèmes de changements de vitesse car ce film avait de bonnes chances de tenir la route.

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Journaliste

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