Titre français: La mort de Monsieur Lazarescu

Equipe:
Durée: 150‘
Genre: Drame
Date de sortie: 01/08/2006
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Dante Remus Lazarescu, un veuf de 62 ans qui vit seul avec trois chats demande une ambulance pour se faire soigner de ses maux de tête et de ses douleurs à l’estomac. Commence alors pour Dante un véritable chemin de croix, chacun des quatre hôpitaux visités étant une station de plus vers la mort où il ne rencontre qu’arrogance, indifférence, diagnostics contradictoires.

 

Notre critique:

Troisième long métrage d’un réalisateur roumain – Cristi Puiu -, LA MORT DE MONSIEUR LAZARESCU est un petit bijou d’humour à froid bourré de situations tragiques qui, poussées dans leurs derniers retranchements, en deviennent comiques. Filmé de façon réaliste, presque documentaire, sans musique, ce long métrage est avant tout une formidable visite du système des urgences en Roumanie doublée d’une critique acerbe des docteurs en tout genre. Qu’ils soient généralistes, spécialistes, tous sont passés à la moulinette de Puiu et de son scénariste Razvan Radulescu qui ne les épargnent pas…

Dante Remus Lazarescu est la parfaite illustration des failles d’un milieu hospitalier qui ne parvient pas à répondre correctement à des demandes pourtant évidentes. « Pourquoi buvez-vous? » devient vite la question rituelle à laquelle doit répondre le personnage principal, alors que « Que ressentez-vous? » aurait dû être la seule question. Si pour Puiu et son scénariste, la faute semble être attribuable spécialement aux médecins (qui, ceci dit en passant, ne sont pas moins imbus d’eux-mêmes chez nous), il semble aussi que l’ensemble du système puisse également être mis en cause.

La fin du film achève de mettre une couche de grotesque sur l’ensemble de ce que l’on fait subir à Lazarescu qui va finir par mourir par un simple concours de circonstances. Il n’aura pas survécu aux docteurs.

Voilà un film qui ne peut laisser indifférent mais qui demande, malgré de grands moments d’humour noir, une bonne dose de bonne humeur pour supporter la lente descente à la morgue de Monsieur Lazarescu…

 

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...