Equipe:
Durée: 126‘
Genre:
Date de sortie: 25/07/2000
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Chimera, un virus génétiquement modifié a été dérobé par Sean Ambrose, ex-collègue d'Ethan Hunt. Ambrose compte le vendre à une société pharmaceutique contre une belle somme d'argent. Pour le récupérer, Hunt compte sur la belle Nyah Hall, ancienne petite amie d'Ambrose. Pour corser le tout, Nyah est devenue la compagne de Hunt.

 

Notre critique:

Trois ans après le coup d’éclat qu’était FACE/OFF, on était plus qu’impatient de découvrir la nouvelle mise en scène du maître Woo. Outre ses premiers balbutiements américains qu’étaient HARD TARGET et BROKEN ARROW, le réalisateur hongkongais avait retrouvé toute sa flamboyante verve visuelle dans un thriller outrancier et pétaradant, et offrait par la même occasion deux rôles tout aussi tranchés que mémorables à Nicolas Cage et John Travolta. Garni de nouvelles lettres de noblesse et d’un succès critique et public quasi mondial, il accepte, à la demande de Tom Cruise, d’assurer la mise en image du deuxième opus des missions « pas si impossibles que ça » d’Ethan Hunt. N’écoutant que son courage et les lauriers qu’il pourrait en retirer, John Woo s’enfonce dans un projet castrateur maintenu à bout de laisse par un Tom Cruise certes acteur, mais aussi et principalement producteur ainsi qu’homme d’affaires. Le tournage est houleux, les C4 volent, on remonte le film à tour de bras (Stuart Baird est appelé à la rescousse mais ne sera pas crédité au générique), de nouvelles séquences sont tournées…

La langue de bois est de mise dans toutes les interviews mais en grattant par-ci, par-là, les infos surgissent et confirment les dires. M:I 2 n’était pas un rêve de tournage. Mais qu’en est-il du résultat?

Passons au bleu le scénario cousu de câblage vert fluo (c’est plus voyant) ou d’une histoire de virus très méchant et très mortel jeté dans un triangle amoureux des plus conventionnels. Notre héros est un des rouages de la donne de coeur. Et c’est donc là que tout s’emmêle!

Quand on regarde plus attentivement la filmographie de John Woo, on peut facilement détourer les points communs de ses oeuvres de référence. Ce sont les outrances et les débordements, qui confineraient au ridicule plus d’un clippeur de base, qui permettent à maître John d’affiner sa signature et de remettre des copies lourdées de poésie et de sentiments humains à fleur de peau. Tout tient dans l’alchimie des images et des émotions, sans oublier les grandes trahisons qu’il met en scène sans autre pareil. Pour M:I 2, on sent la patte identifiable du réalisateur, non pas dans l’envolée des sempiternels pigeons mais dans la charge visuelle qu’il donne à certaines scènes, comme une course de voiture qui se transforme en un somptueux ballet, une scène de tension et d’action portée en grâce par une musique angélique, des plans larges et un nombre incalculable de balles… C’est ça le cinéma de John Woo et non pas une illustration un temps soit peu vivante d’un scénario crétin avare en action, succombant aux gadgets et massacré par des monteurs issus de l’écolage Joel Silver.

Ceci dit, les puristes y trouveront les soubresauts imagés comme autant de preuves des tentatives de survie d’un auteur au sein d’une entreprise castratrice. Les autres se contenteront d’un divertissement bien ficelé et comme tout lambda, passeront à côté des finesses d’un metteur en scène génial qui, on l’espère sincèrement, n’est pas en train de perdre son identité et de vendre son âme au diable… M:I 2 est avant tout un film de et avec Tom Cruise mis en image par John Woo et non pas une fiction de John Woo avec Tom Cruise.

 

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Journaliste