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Date de sortie: 01/10/2002
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Washington, 2054. La société du futur a éliminé le meurtre en se dotant du système de prévention/détection/répression le plus sophistiqué du monde. Dissimulé au coeur du Ministère de la Justice, trois extra-lucides captent les signes précurseurs de violents homicides et en adressent les images à leur contrôleur, John Anderton, chef de la "Précrime". Muni de toutes les informations nécessaires sur les circonstances du potentiel forfait, celui-ci n'a plus qu'à lancer une escouade aux trousses du futur "coupable"... Pourtant lors d'une cession comme les autres, les extra-lucides lui renvoient sa propre image. D'ici 36 heures, Anderton aura assassiné un parfait étranger. La chasse est ouverte...

 

Notre critique:

Voilà donc que notre ami Tom est allé chercher Steven Spielberg pour qu’ils fassent ensemble une oeuvre d’anticipation/science-fiction encore jamais vue sur les écrans. Ça donne MINORITY REPORT et cela ressemble fort à un soufflé qui n’a pas su tenir ses promesses.

A la genèse de ce film se trouve un certain Jan de Bont, réalisateur un brin bourrin, qui passe commande d’une version scénarisée de la nouvelle de K.Dick. Chemin faisant, le scénar se retrouve dans les mains de Tom Cruise qui le passe sous le nez du réalisateur de SAVING PRIVATE RYAN qui veut faire, dès à présent, des films pour s’amuser. Ils font retravailler le script dans tous les sens (on murmure que sept mercenaires de l’écriture y ont laissé leur plume) avant que Tonton Spiel se donne le feu vert pour mettre en boîte cette histoire simplette se déroulant dans un univers totalement fascinant.

Le jeu de piste/chasse à l’homme prend rapidement le pas sur toutes les interrogations que soulève la méthode employée en 2054 pour alpaguer les criminels avant qu’ils ne passent à l’acte. On se contente d’effleurer des questions, de caresser toute la subversion qu’on aurait pu extraire de la matrice littéraire. Scénaristiquement, tout fait défaut, ou plutôt tout est trop bien rangé, trop bien structuré pour que l’on puisse paniquer, se choquer, s’interroger… La machine est beaucoup trop parfaite, la mise en place impeccable! Le déroulement se veut trop prévisible pour que l’on se laisse glisser avec délice dans une géographie sociale sauvagement dépeinte.

Visuellement par contre, le film a tout pour décoiffer. Les décors sont splendides, les trouvailles amusantes ou effrayantes… et pourtant nous n’avons jamais l’impression de pénétrer un authentique univers tant tout ce qui y est présenté sert à quelque chose. Aucun objet n’est gratuit et n’habille véritablement ce « nouveau » monde. Tout donne l’impression de faire partie des rouages narratifs. Pour la mise scène, mise à part l’incongruité des scènes dites drôles (Tom qui course son oeil), elle reste ad hoc, mais correspond de trop à un catalogue de charges spectaculaires théoriquement honoré.

Certes MINORITY REPORT regorge de qualités techniques indéniables mais il manque une sérieuse dose d’humanité pour que la facticité de l’ensemble face place à une réelle émotion.

 

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Journaliste