Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 15/09/1998
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

1963. Deux amis d'enfance: Chris et Toni. Ils vivent à Metroland, une banlieue londonienne située au terminus du métro. Ils partagent les mêmes rêves: des rêves d'évasion, loin de la middle-class anglaise dont la vie monotone les répugne. Des rêves de fuite, vers Paris, l'Amérique, la Liberté.
1968. Chris suit des études artistiques à Paris. C'est un rebelle, plein de fougue et de vivacité. Il vit une liaison passionnée avec Annick, une jeune française un peu naïve, mais tellement belle. Puis, il rencontre Marion.
1977. Chris est marié. Il a fondé un foyer avec Marion. Ils habitent Metroland. Chris a un emploi fixe, un salaire plutôt confortable. Il mène une existence morne mais tranquille. Toni, lui, est resté fidèle à ses anciennes convictions. Il est punk. Il est libre. Il revient. Il ne supporte pas que son meilleur ami ait abandonné toutes ses convictions. Il sème le désordre dans la vie de Chris, qui perd ses repères et se remet en question.

Notre critique:

METROLAND est un film de Philip Saville. Le réalisateur anglais a signé de nombreux drames pour la télévision. Il y a acquis un savoir-faire particulièrement efficace. Il mélange comédie, émotion et révolte, passant de l’un à l’autre avec souplesse. Ces brisures de ton secouent le spectateur en jouant sur ses sentiments. Saville impose d’emblée un rythme, et surtout des personnages. Il leur donne vie en nous dévoilant leur quotidien. Tout au long de scènes banales, il brosse des portraits de plus en plus complexes, dans un style juste et véridique.

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Bien sûr, le film ne serait rien sans les talents conjugués d’acteurs de renom. Christian Bale (HENRY V, THE PORTRAIT OF A LADY) joue le rôle de Chris. Emily Watson (BREAKING THE WAVES), celui de Marion. L’élément perturbateur est incarné par Lee Ross, moins connu, plus typé, mais si bien à sa place. Côté charme, Elsa Zylberstein exhibe ses affriolants atouts dans le rôle d’Annick, la naïve française.

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Chris est partagé entre son présent et son passé. Le retour de Toni le plonge dans ses souvenirs. Il mesure brutalement la distance entre ses idéaux oubliés et sa situation actuelle. Comme bien d’autres, Chris s’est fait absorber par la société. Il est devenu un monsieur tout-le-monde parmi tant d’autres. Ce constat l’effraie, au point de remettre en question sa famille et ses valeurs morales.

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Certes, le thème n’est pas neuf. Cependant, il est puissant car il s’adresse à chacun d’entre nous. Qui, en effet, n’a jamais regardé derrière soi et ne s’est jamais interrogé sur le chemin parcouru? Bien que la réponse de Saville soit un peu simpliste (il l’évince en partie en ramenant le problème de société à un problème de sexe), elle a l’avantage d’être optimiste. L’important, le développement, est soigné et riche.

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Baigné dans une ambiance très seventies, à mi-chemin entre la comédie et le mélo, METROLAND a un bon capital de sympathie. Il faut en profiter.

A propos de l'auteur

Journaliste