Titre français: Metropolis

Equipe:
Durée: 108‘
Genre:
Date de sortie: 12/02/2002
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Metropolis est une grande ville-état peuplée d'humains et de robots qui forment ensemble une société rigoureusement segmentée. Au milieu du chaos créé par des factions anti-robots, le détective Shunsaku Ban et son sous-fifre Ken-ichi sont à la recherche du Docteur Laughton, un scientifique rebelle. Ils veulent le faire arrêter et s'emparer de sa dernière création, Tima, une jeune fille ravissante. Alors qu'ils approchent de leur but, Shunsaku réalise que l'excentrique scientifique restera à l'abri de la justice.

Notre critique:

METROPOLIS est un interpellant film d’animation basée sur la célèbre bande-dessinée d’Osamu Tezuka, elle-même inspiré de l’oeuvre de Fritz Lang.

Considéré, à raison, comme le père du manga moderne, Tesuka a bâti, en schématisant, un énorme diptyque avec d’une part toutes les questions que les hommes pouvaient formuler à l’encontre du progrès scientifique, dont nous trouvons les illustrations dans Astro Boy et Harlock. Et d’autre part, ses talents de fabuliste exploraient la relation à la nature et à l’autorité dans Kimba The White Lion (plus connu en français sous le nom du Roi Léo récupéré par Disney pour en faire son LION KING).

Or donc, cinquante années après la vision de Tesuka, Rintaro, un de ses disciples, met en scène le monde retro-futuriste de METROPOLIS où le jazz se mêle à des décors urbains torturés et où certains robots ont des minois de fillettes. Le scénario a, lui, été confié au maître Katsuhiro Otomo, fulgurant concepteur d’AKIRA. Si on isole assez facilement toutes les thématiques qui ont jalonné le monde du manga moderne (comprenez après la Seconde Guerre Mondiale) comme le détournement de la science, les manipulations, la hiérarchie, la nostalgie et cet inégalable rapport à l’enfance… Rintaro n’arrive pas à se débarrasser des tics de ses pères. Embastillé par Otomo et Tesuka, le metteur en scène ne casse pas assez son trait et ne se donne pas assez de souffle pour se sortir d’une torpeur scénaristique latente. Le dessin semble calqué sur le travail de Tesuka, le contenu quant à lui se révèle des plus contemporains mais propre au papa d’Akira. On regrette donc fort amèrement que Rintaro n’ait pu totalement s’approprier ce projet. Et ce n’est pas les accents retors et jazzy de la bande son qui permettront au réalisateur de marquer de son sceau cet ouvrage hybride, ni de casser quelques interminables longueurs. Dommage parce qu’il y avait matière à un grand film…

A propos de l'auteur

Journaliste