Equipe: Isabelle Candelier, Isabelle Carré, Pascal Thomas, Vincent Lindon
Durée: 127‘
Genre:
Date de sortie: 26/06/2001
(cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Le mercredi, c'est le jour où les enfants peuvent faire école buissonière (presque) avec l'accord de leurs parents! Les adultes ont tellement de choses à faire, si importantes, qu'ils ne trouvent guère le temps de s'occuper de leur progéniture en ce jour de congé consacré.rnMais ce mercredi-ci s'annonce plus chaotique que d'habitude: une foule de petits événements vont bouleverser les uns et les autres, et, peut-être, leur ouvriront une bonne fois pour toute les yeux sur les priorités de l'existence.

Notre critique:

MERCREDI, FOLLE JOURNEE est une chronique aux accents moralisateurs. Elle s’’articule entièrement autour du chassé-croisé finement orchestré des aventures d’’enfants insouciants et d’’adultes engloutis par la vie. Au terme de ce ballet de destins qui basculent en choeœur un mercredi, les uns au contact des autres vont gagner un soupçon de maturité qui peut-être leur ouvrira enfin les yeux… et le coeur.

On le voit: le thème du film de Pascal Thomas est ambitieux. Il marche sur le fil si délicat de la leçon de morale au cinéma (il ne doit être ni trop explicite, au risque de barber les spectateurs, ni trop étouffé, auquel cas le message ne passe plus!). Heureusement, le réalisateur traite son histoire sur un ton de comédie nonchalante et oublie d’’appuyer les ressorts dramatiques de son récit par une gravité habituellement de vigueur. En outre, afin d’éviter une morale assommante, Pascal Thomas multiplie les points de vue: aux côtés du juge sévère, on trouve l’’instituteur hippie apôtre du laisser-faire et le papa célibataire forcé, séducteur has been au cœoeur gros comme ça (Vincent Lindon, qui sonne juste dans un rôle qu’’il connaît assez bien).

Mine de rien, le français brosse ici en quelques portraits un tableau plutôt réaliste de la vie d’’aujourd’’hui, qui noie les parents dans le stress du travail et des obligations, les empêchant d’’assumer leur rôle familial. Même si certains usent de cette situation comme d’’une excuse, d’’autres par contre se laissent happer par le tourbillon de la société dont on a que trop peu décrié les vices. Un état de fait qu’il est toujours bon de rappeler à certains!

On n’a finalement qu’’un regret à formuler à la vision de MERCREDI FOLLE JOURNEE : la mise en scène trop classique tire vers le bas un film qui, à force, finit par ressembler étrangement à un téléfilm de fin de soirée. Dommage, car cette forme trop lâche nuit à la force du message et lui insuffle des accents anecdotiques là où il y avait matière à une chronique sociale plus virulente.

Il reste qu’’au sein d’une période caniculaire où les blockbusters font éclater leur violence inutile et leurs effets spéciaux accessoires, MERCREDI FOLLE JOURNEE est une pause réconfortante et une critique intéressante dont le spectateur averti saura sans nul doute profiter.

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Journaliste