Equipe:
Durée: 98‘
Genre:
Date de sortie: 05/08/1997
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Les Men in Black protègent la planète contre les invasions extra-terrestres qui nous menacent toutes les cinq minutes. Ne saviez-vous pas?

Notre critique:

La notion de plaisir se fait de plus en plus rare au cinéma, surtout quand il s’agit de cinéma made in Hollywood. Avec BATMAN & ROBIN, SPEED 2 et autre CON AIR, cet été 1997 en fut la preuve marquante. L’époque est à l’utilisation de recettes que l’on ne prend même plus la peine d’assaisonner ou alors uniquement à grands coups d’explosions, comme ces spaghettis insipides dopés à larges louchées de tabasco qui anesthésient le palais des malheureux consommateurs qui y aventurent la fourchette.

Quand arrive MEN IN BLACK, énième produit estampillé blockbuster hollywoodien, on lève les yeux au ciel et on s’apprête avec résignation à subir une nouvelle bordée de pesantes cornichoneries.

Quelle n’est donc pas la surprise, après quelques minutes de film, de se rendre compte qu’à l’évidence quelqu’un s’est soucié de l’histoire ? On s’esbaudit derechef en constatant que quelqu’un d’autre s’est rappelé que, pour faire rire, quelques situations burlesques valent bien mieux que quelques répliques soi-disant comiques proférées en conclusion d’une scène d’action. Et on est même sur son poum lorsqu’on assiste à un véritable festival d’effets spéciaux stupéfiants qui ne sont pourtant là que pour servir le scénario (non, non, le terme n’est pas trop fort!).

MEN IN BLACK conjugue toutes les qualités qui ont donné leurs lettres de noblesse au cinéma de divertissement hollywoodien: histoire originale, un comique de situation omniprésent qui n’hésite pas à être cruel quand il le faut et du spectacle qui fait ronronner l’imagination de plaisir.

Comme de bien entendu, et pour ne pas faire dans la demi-mesure, toutes ces belles qualités reposent sur des acteurs en pleine possession de leurs moyens, parmi lesquels Vincent D’Onofrio mérite une mention particulière pour son personnage cthulhoïde (néologisme issu du nom Cthulhu, entité mythique créée par H.P. Lovecraft) en diable.

Abasourdi par tant de plaisirs concentrés au sein d’un seul, on souhaite savoir à qui l’on doit ce moment de jubilation intense. Il s’agit de monsieur Barry Sonnenfeld, trublionesque réalisateur des ADDAMS FAMILLY, où pointaient déjà un goût prononcé pour l’irrévérence et l’humour décalé (ah, ces rapports sado-masochistes délicieux entre Morticia et Gomez !). Il confirme tout le bien que l’on pouvait penser de lui en faisant d’une grosse machine un film qui ne sacrifie pas les capacités cérébrales du spectateur sur l’autel du spectaculaire à tout crin.

Si l’on se remémore le succès public surprise de l’excellent SCREAM de Wes Craven ainsi que le raz-de-marée provoqué par MEN IN BLACK outre-Atlantique, on pourrait même espérer un changement de fond dans la production hollywoodienne. Puisqu’on est dans le domaine du cinéma, on peut toujours rêver, non?

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Journaliste